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Il faut tuer Constance

Ray BRADBURY

Titre original : Let's All Kill Constance, 2002
Première parution : William Morrow / HarperCollins, décembre 2002
Traduction de Philippe ROUARD
Illustration de EIKASIA

DENOËL (Paris, France), coll. & d'ailleurs
Dépôt légal : juin 2004, Achevé d'imprimer : 25 mai 2004
Première édition
Roman, 240 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 2-207-25437-2
Format : 14,0 x 20,5 cm
Genre : Hors Genre



Quatrième de couverture
     Par une nuit de tempête, un romancier en panne d'inspiration reçoit l'étrange visite de Constance Rattigan, une actrice mythique. Elle se sent persécutée. Pour preuve, ce « livre des morts » déposé devant chez elle et dans lequel sont énumérées les personnalités défuntes qu'elle a connues autrefois, ainsi que le nom de morts à venir. Elle figure sur cette liste...
     Afin de venir en aide à son amie et de percer ce mystère, l'auteur plonge dans le passé de la star, convoque le fantôme de ses producteurs, de ses partenaires connus et inconnus, ressuscitant ainsi l'univers légendaire du Hollywood de la grande époque.
     À la fois satire et célébration d'un univers perdu, Il faut tuer Constance, manière d'autobiographie imaginaire, achève le cycle dédié à Constance Rattigan initié par La solitude est un cercueil de verre et prolongé par Le Fantôme d'Hollywood.
 
     A quatre-vingt-quatre ans, avec plus de trente livres à son actif (dont Fahrenheit 451 et Chroniques martiennes, entre autres), Ray Bradbury est l'un des romanciers les plus célèbres de notre époque. En 2000, la National Book Foundation le couronne et, en 2001, De la poussière à la chair est élu par le Los Angeles Times comme l'un des meilleurs livres de l'année. Bradbury vit à Los Angeles en Californie.
Critiques

Ray Bradbury, loin de s’être cantonné à la seule sphère de ce que l’on appelle, par raccourci, les littératures de l’Imaginaires, s’est plus souvent qu’à son tour essayé au polar —, notamment sous l’impulsion de Leigh Brackett, comme le souligne Pierre-Paul Durastanti dans le présent dossier. Ainsi avons-nous sélectionné deux de ces livres pour le présent focus ; deux formats différents, deux époques.

D’abord un recueil de nouvelles, écrites dans les années 1940, quatorze au total, et réunies pour l’édition française sous le titre Monstrueusement vôtre. Pour ce premier titre, et malgré la critique élogieuse de Patrick Raynal dans Le Monde à la sortie du livre en France, en tout cas l’extrait présenté en quatrième de couverture de l’édition 10/18, on restera pour notre part sur l’idée que les nouvelles présentées dans ce recueil n’étaient que les ébauches d’un « apprenti écrivain », d’un écrivain en devenir. D’abord le recueil souffre évidemment de quelques « vieillesses ». Les décors, les personnages, les sujets abordés, tout est suranné. Dans certains cas, cela peut avoir son charme : là, c’est globalement raté. On a le sentiment de traverser une époque ni assez ancienne pour être intéressante, ni assez contemporaine pour nous laisser quelques repères. Enfin, il y a dans l’écriture de Ray Bradbury quelque chose de l’ordre du naïf, presque de l’angélisme, et ce à tous les niveaux : structuration des intrigues, description des personnages, et des chutes totalement prévisibles. Dans la préface au recueil, Bradbury dit avoir une préférence pour les nouvelles « Une longue nuit d’octobre » et « La Dame dans la malle ». On partagera ce sentiment. Ce sont les seules qui portent en elles assez de noirceur pour surpasser les défauts cités plus haut. Comme quoi le maître était objectif quant à la qualité de sa production. 

Ensuite le roman Il faut tuer Constance, dernier volet d’une trilogie consacrée à Constance Rattigan, actrice hollywoodienne, ledit roman pouvant se lire de manière indépendante. Le pitch : l’actrice, complètement désemparée, se présente chez un ami écrivain en lui expliquant que quelqu’un souhaite sa mort. Elle a reçu une liste comportant les noms de ses amis et proches, une liste de morts, passés ou à venir. Le romancier, troublé par cette affaire, décide d’enquêter et de résoudre l’énigme. Les chapitres sont très courts, les personnages farfelus et stéréotypés arrivent au fil de l’eau sans vraiment être introduits. On ne sait pas qui ils sont, d’où ils viennent et encore moins où ils vont ! En tout cas, pas au service de l’intrigue. Les dialogues sont plutôt pauvres, dans le sens où ils n’apportent pas grand-chose au développement de l’histoire et ne servent qu’à affadir des personnages déjà peu attrayants. Bref, on a le sentiment que Bradbury s’est perdu dans sa propre écriture, et nous avec par la même occasion… on perd le fil, l’objectif, le sens. Peu d’intérêt, donc. 

Ray Bradbury est un auteur majeur dans les mondes Imaginaires, mais certainement pas dans le polar, et encore moins dans le roman noir. Pour les amateurs de ce genre, on conseillera volontiers le dernier livre de François Guérif, emblématique directeur de la collection « Rivages / noir », Du Polar, entretiens avec Philippe Blanchet, aux éditions Payot. L’histoire du roman noir en France et ailleurs, des trésors cachés, une mine de références à en faire pâlir votre banquier tant votre compte pourrait en prendre un sacré coup, mais là… cela en vaut la peine. Quant à Monstrueusement vôtre / Il faut tuer Constance, ils n’ont d’intérêt que pour le collectionneur fou ou le fan absolu.

Hervé LE ROUX
Première parution : 1/10/2013 dans Bifrost 72
Mise en ligne le : 17/2/2019

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