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Le Voyageur solitaire

Jean-Marc LIGNY


Cycle : Chroniques des nouveaux mondes vol. 1 


Illustration de Tomas BRECHLER

ActuSF , coll. Les Trois Souhaits n° (12)
Dépôt légal : mai 2008
112 pages, catégorie / prix : 7 €
ISBN : 978-2-917689-02-8   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     « Tag Fades était un homme gris, aigri, amaigri. »
     Un homme assez désespéré pour accepter de partir seul pour un voyage de cinquante-deux ans vers la planète Canaan à la recherche des premiers colons humains portés disparus. Mais ses motivations personnelles sont toutes autres.
     Pourra-t-il enfin être seul et échapper à l'humanité ? Et que trouvera-t-il en lui-même dans cette fuite sans retour ?

     Premier des quatre récits de ce recueil, Le Voyageur Solitaire plante le décor des Chroniques des Nouveaux Mondes, un cycle de science fiction dans lequel Jean-Marc Ligny explore le futur mais surtout l'âme humaine, des profondeurs de l'espace à celle de la Terre. Une oeuvre riche et puissante et qui ne cesse de nous renvoyer à nous-mêmes. Une des grandes réussites de l'auteur de Jihad, AquaTM et Inner City.

    Sommaire    
1 - Chroniques des Nouveaux Mondes : un space opera issu d'un rêve..., pages 7 à 12, Préface
2 - Le Voyageur solitaire, pages 13 à 30
3 - Le Traqueur d'extrêmes, pages 31 à 42
4 - Le Cas du chasseur, pages 43 à 61
5 - L'Astroport, pages 63 à 107
 
    Critiques    
     Habitué du Fleuve Noir « Anticipation » et drainant derrière lui quantité de fans prêts à le suivre dans toutes les directions (dont l'excellent « Monsieur Némo et l'éternité » au Fleuve Noir, qui promettait tant et qui, hélas, a dû s'arrêter), Jean-Marc Ligny ressuscite ici quatre textes plus ou moins trouvables et appartenant tous au même univers, « Les Chroniques du nouveau monde ». Bilan, un « nouveau » recueil, Le Voyageur solitaire, et bientôt deux autres pour achever la boucle, ainsi qu'une nouvelle inédite pour le futur tome 3. Ceux qui ignorent tout de Jean-Marc Ligny trouveront ici de quoi commencer en beauté. Si les textes du Voyageur solitaire ne sont pas exempts de défauts (notamment une propension à tomber dans « l'âge d'or » avec le côté vieillot et parfois ridicule qui va avec), on y retrouve toute la dimension d'écrivain de Ligny, cette habileté d'écriture qui n'appartient qu'à lui, cette poésie détachée qui fait mouche à tous les coups, et cette menace sous-jacente qui donne au récit une tension quasi palpable. Témoin, la nouvelle-titre, qui, après un démarrage catastrophique hanté par des personnages en carton-pâte, se développe tranquillement, doucement, terriblement, pour fini en apothéose et en transfiguration. Un homme seul affronte l'espace et l'horreur du vide (on résume). Une horreur intrinsèque au milieu ambiant avec laquelle il doit composer. Et vivre. Ou pas. Les deux nouvelles suivantes sont radicalement différentes dans leurs thèmes et leur apparente légèreté. « Le Traqueur d'extrêmes » donne dans le sérieux avant de finir dans le comique, via une chute un peu facile qui laisse le lecteur sur sa faim. « Le Cas du chasseur » est une variation intéressante (et évidemment science-fictionnesque) autour du thème de l'intelligence animale et des problèmes de droit qui en découlent (on y suit le procès d'une femme-louve accusée du meurtre d'un chasseur). Mais là où Ligny décolle vraiment, c'est avec le splendide « L'Astroport », histoire effrayante et affreusement crédible d'un naufrage spatial sur Triton, sur la survie d'un couple au beau milieu d'un artefact extraterrestre inquiétant qui a tout d'un astroport pensant, et sur la naissance d'un enfant qui entretient des relations particulières avec ledit machin. Glaciale, lente et vénéneuse, cette nouvelle justifie à elle seule l'acquisition du recueil et distille un malaise croissant à mesure que l'histoire se développe. Si « L'Astroport » fait peur, c'est aussi en raison de sa très grande poésie, de ses nombreuses ellipses et du talent avec lequel Ligny n'en dit justement pas trop. Un vrai plaisir.

     Au final, Le Voyageur solitaire est probablement la meilleure façon de convaincre les lecteurs de s'attaquer à l'œuvre de cet auteur hors normes. Textes savoureux et intrigants, univers très personnel mis en place avec acuité, bref, un « monde » à la Ligny. Ensuite, on enchaîne sur Aqua™ (chez l'Atalante — cf. critique de Claude Ecken in Bifrost n°45) et on ne peut plus s'en passer.

Patrick IMBERT
Première parution : 1/1/2009 dans Bifrost 53
Mise en ligne le : 28/9/2010


 
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