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Les Croisés du cosmos

Poul ANDERSON

Titre original : The High Crusade, 1960
Première parution : Doubleday, 1960 (en volume)

Traduction de Claude SAUNIER
Illustration de Alain BRION

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 170
Dépôt légal : janvier 2006
Roman, 272 pages, catégorie / prix : F7
ISBN : 2-07-031389-1   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Messire de Tourneville s'apprêtoit à rejoindre le bon roi Edouard guerroyant en France quand, à la stupeur générale, un fantastique engin volant atterrit près de son château, libérant toute une floppée de petits hommes bleus aux longues oreilles. « Sans doute des Sarrasins que ces maudits français auront ralliés à leur cause », songe le bon Roger qui les fait illico trucider.
     Grâce au merveilleux char volant pris à l'ennemi, il ira libérer la Terre sainte. Mais trahison ! Au lieu de mettre obligeamment le cap sur Jérusalem, un otage détourne à travers les espaces intersidéraux nos preux chevaliers bardés de fer qui, s'ils ne comprennent pas grand-chose au film, n'en démontreront pas moins à toute la galaxie ce qu'un loyal sujet de la Couronne d'Angleterre peut faire avec une simple arbalète, un peu de ruse et beaucoup de vaillance !

     Poul Anderson (1926-2001) est considéré aux Etats-Unis comme l'une des figures centrales de l'âge d'or de la science-fiction et de la fantasy. Surtout connu en France pour le cycle de La Patrouille du temps, il a reçu sept fois le Prix Hugo et trois fois le Prix Nebula.

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)
Francis Valéry : Passeport pour les étoiles (liste parue en 2000)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Les Croisés de l'espace , 1994, Klaus Knoesel & Holger Neuhausen
 
    Critiques    

            Lorsque Les Croisés du cosmos paraît en 1960, Poul Anderson, à trente-quatre ans, est déjà un auteur installé, ou en tout cas en passe de l’être. Il n’a pas encore remporté le premier des sept prix Hugo qui émailleront sa carrière (il lui faudra attendre l’année suivante, avec « Long cours »), mais il n’en publie pas moins depuis plus de quinze ans quantité de nouvelles, et aussi quelques romans appelés à faire date (dont, surtout, L’Épée brisée). Il ne le sait sans doute pas encore, mais 1960 sera une année importante dans son parcours : l’année où seront réunis en volume les premiers de ses textes formant « La Patrouille du temps »…

            Nous sommes en 1345. Autant dire aux prémices de la guerre de Cent Ans. Roger de Tourneville, noble anglais dont la bravoure le dispute à son sens de l’honneur et à sa rustrerie, réunit son armée pour aller prêter main-forte au roi Édouard III en terre de France. C’est alors que se produit le plus curieux des phénomènes : une immense arche céleste déchire les nues et vient se poser en plein milieu des préparatifs guerriers. Abasourdis, terrifiés, les Anglais se rassemblent face à la nef infernale. D’où sort bientôt une créature bleutée qui arrose sans tarder les soldats de Sa Majesté d’un rayon mortel. L’armée réplique à l’arc presque par réflexe, tue la créature et bientôt le reste de ses semblables terrés dans les flancs du monstre d’acier, à une exception près. Roger de Tourneville, qui comprend vite le parti qu’il peut tirer d’une telle nef, s’en empare et y embarque soldats, femmes, enfants, paysans et troupeaux, bref, la totalité ou presque de sa baronnie : les Français n’ont qu’à bien se tenir. Mais voilà que suite à une vile traîtrise de la créature d’outre-espace, la nef volante se retrouve bientôt perdue dans les confins de l’univers, avec pour ennemi rien moins qu’un empire interstellaire. Mais à cœur vaillant rien d’impossible, surtout lorsqu’il s’agit d’un cœur anglais !

            Si, sur le papier, Les Croisés du cosmos réunit les deux passions de Poul Anderson, l’histoire et la prospective, nous sommes avant tout en présence d’un réjouissant morceau de bravoure humoristique, une farce née du triple décalage culturel induit par le postulat du récit : celui du narrateur, frère Parvus, qui, en bon prêtre du XIVe siècle, analyse l’ensemble des événements à l’aune de sa foi inébranlable ; celui des Wersgor, les extraterrestres bleus, belliqueux et très cons ; et celui du lecteur, bien évidemment. Les charges sont multiples (tout y passe ou presque : la religion, bien sûr, la fatuité hors d’âge des peuples incapables de toute remise en question, Anglais en tête, le colonialisme, le nationalisme, etc.) et le rythme des plus enlevé. Naturellement, l’effort de « suspension d’incrédulité » est intense (on lit le récit de frère Parvus comme on lirait les Divertissements pour un empereur de Gervais de Tilbury), ce qui freine sans doute l’implication du lecteur. Mais le plaisir manifeste pris par Poul Anderson dans la rédaction de cette chanson de geste au cœur de l’espace, presque un roman courtois par certains aspects, s’avère vite communicatif.

            Un livre mineur, certes, mais qui n’en conserve pas moins une saveur pétillante et procure un réel plaisir de lecture.


ORG
Première parution : 1/7/2014 dans Bifrost 75
Mise en ligne le : 5/4/2020

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2004)


     Comme l'époque est à la fantasy (o tempora ! o mores !), nul ne s'étonne plus de voir chevaux, épées, quête du Graal et autres médiévisteries se balader dans les étoiles. Mais là, c'est pour la bonne cause. C'est rationnel. Si. Un vaisseau extra-terrestre est arrivé dans l'Angleterre du XIVe siècle, et comme les autochtones de la merry old England ne se rendent pas compte un seul instant de l'écrasante supériorité technologique des petits hommes bleus, ils les massacrent presque tous, embarquent à leur place, croient partir délivrer Jérusalem et se retrouvent occupés à conquérir une bonne portion de la galaxie. Sans rien y comprendre, et le narrateur pas plus que les autres. Ils ne savent pas que c'est impossible, donc ils le font. Autant dire que cela peut se lire comme un bon roman d'aventure ou, et jusque dans un retournement géopolitique final, comme une immense farce jubilatoire, alors que l'humour n'est pas si fréquent en SF et y mérite encore plus qu'ailleurs d'être considéré à sa juste valeur. Tant pis pour qui croirait détecter une exaltation du triste « bon sens », voire un éloge des traîneurs de sabre et manieurs de rapières — ce serait tout simplement oublier que la charge n'épargne à peu près personne, surtout pas les soudards et/ou ecclésiastiques ne comprenant rien à rien. C'est d'ailleurs ce qui la rend si réjouissante : un moment de bonheur !

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/6/2004
dans Galaxies 33
Mise en ligne le : 22/12/2008




 
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