Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Face cachée du désir

Philippe CURVAL




CALMANN-LÉVY (Paris, France), coll. Dimensions SF n° (43)
Dépôt légal : 2ème trimestre 1980
192 pages
ISBN : 2-7021-0363-4
Format : 14,0 x 21,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Autour de Standard, l'étoile polaire de l'hyperespace, gravite Chula, planète d'une importance stratégique pour la conquête de la galaxie. Le but des humains est naturellement de se l'approprier afin de poursuivre leur expansion. Mais une étrange fatalité va s'opposer aux desseins des conquérants. Les trois romans « liés entre eux  » qui constituent La Face cachée du désir, racontés par Garric, spécialiste en exogénétique et partiellement responsable du plan de conquête, évoquent l'inexplicable échec colonial des humains.
     Epopée immobile de la résistance, La Face cachée du désir est aussi une tentative d'approche de mentalités différentes, de rites singuliers, de superstitions extraordinaires. Car les Chulies n'ont pas la même conscience du monde que les Terriens  : habitués depuis l'enfance à refouler leurs rêves , ils constituent, une fois devenus adultes, de véritables bombes destinées à faire exploser les apparences. Depuis l'orrhide, désert-mer de glace qui sépare étagonistes, jusqu'aux rivages des mers du Sud en passant par les jungles hyperexotiques de l'Est, le peuple chulie cherche la face cachée du désir dans la chambre noire de la réalité.
     Rompant avec l'atmosphère et les style de ses précédents romans, Philippe Curval a écrit ici une superbe « saga  » ethnologique  ; il y traite, encore une fois, du droit des individus à disposer d'eux-mêmes.

     Né en 1929 à Paris, Philippe Curval a exercé de nombreux métiers (camelot, céramiste, photographe, visiteur médical, etc.). Il a participé à un mouvement littéraire inconnu qui réunit en 1953 les rares auteurs de science-fiction français et s'est occupé, sous la direction de Valérie Schmidt, de l'unique librairie du genre, « La Balance  ». Ses nouvelles commencent à paraître dans Fiction et Satellite. // rédige avec Jacques Sternberg la revue Le Petit Silence illustré et fait publier ses premiers romans au « Rayon fantastique  ». Le Ressac de l'espace obtient le Prix Jules Verne 1962. Son oeuvre fera désormais alterner l'insolite (Attention les yeux) et la science-fiction (L'Homme à rebours ; Cette chère humanité, que couronne le Prix Apollo 1976.). Journaliste scientifique depuis 1964, Philippe Curval collabore à divers journaux (Galaxie, Le Monde, Magazine littéraire).

    Sommaire    

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)

 
    Critiques    
 
     Lent, certes, mais d'une lenteur majestueuse... Luxe ne s'y trouve point, mais Calme et Volupté y sont confortablement installés.
     Il faut un certain courage pour s'attaquer au dernier roman de Philippe Curval, et plus d'un lecteur abandonnera avant même la fin de la première partie. Passé maître dans l'art d'enrober de SF ce qui n'en est pas, Curval est là au plus haut de sa forme, et jamais titre de collection n'aura porté aussi haut et fort l'offense à la vérité, car enfin, si Nadja « en était », La face cachée en serait assurément, mais tel n'est pas mon avis...
     Rarement roman publié sous label SF n'aura été aussi superbement détaché des actuelles préoccupations de cette même SF. Denoël avait réédité La forteresse de coton, puis publié Le dormeur s'éveillera-t-il ? Calman-Lévy nous proposa Y a quelqu'un ? puis cette Face cachée... Inutile de préciser davantage : ceux qui ne considèrent plus Curval comme un romancier de SF feront des économies cette fois encore. Quant à ceux, dont je suis, qui voient en lui un des romanciers les plus puissants et les plus originaux de sa génération, qu'ils n'hésitent pas l'ombre d'une seconde.
     La SF est pourtant présente dans l'intrigue : en ces années d'ardente colonisation spatiale, Chula est une planète-relais d'une importance stratégique considérable. Et les humains ne savent plus quoi tenter pour s'en assurer le contrôle, les grands moyens ayant échoué lamentablement. Raison évidente : sur Chula, la réalité est ce que l'on croit pense, rêve être réalité. D'où quelques problèmes, on le comprend.
     Ne croyez pas ce que raconte la jaquette du livre : Curval ne « rompt » absolument pas « avec le style et l'atmosphère de ses précédents romans ». Il y a même ici une continuité parfaite et évidente avec ses écrits antérieurs, la continuité d'une certaine tradition surréaliste, la faculté de poser de manière singulière des questions tout aussi singulières.
     Fidèle à ses préoccupations humanistes, Curval part une fois de plus en guerre contre le colonialisme, et il réitère l'affirmation selon laquelle les peuples auraient le droit de disposer d'eux-mêmes, le droit de suivre le chemin qu'ils se sont tracé, le droit de vivre ce rêve à peine éveillé qu'est la vie.
     La face cachée du désir est un hymne à la vie, à la liberté, au respect d'autrui et de ses convictions, à la non-violence comme moteur essentiel de la révolte et du refus.

Francis VALÉRY
Première parution : 1/9/1980 dans Fiction 311
Mise en ligne le : 21/3/2009


 
     Une chose étonnante au sujet de « Dimensions SF » est le décalage existant entre la qualité des ouvrages étrangers qui y sont traduits et celle des romans français qui y fleurissent depuis l'an dernier. En effet, si on excepte le Douay (loin d'être son meilleur, au demeurant !), on se retrouve devant un choix pour le moins hasardeux, qui ne devrait pas exister dans une collection à ce prix-là.
     Il est évident qu'après une nullité du calibre de La lune noire d'Orion, on pouvait s'attendre à tout. Et on a eu Curval. Pourtant, son roman possède des qualités d'écriture certaines. Philippe Curval est un styliste confirmé, qui sait donner une épaisseur littéraire à ce qu'il raconte. Seulement le problème est qu'il n'a pas grand-chose à raconter, et que sa prétendue importance dans la SF française tient plus du mythe publicitaire que d'autre chose... Jamais il n'a eu l'inspiration d'un Jeury, par exemple. Alors, lorsqu'il se met à divaguer sur un thème aussi dangereux que la coexistence de réalités différentes, comme c'est le cas dans La face cachée du désir, il ne subsiste en fin de compte qu'une belle vitrine de mots, dissimulant aux yeux du lecteur un soupçon de néant.

Richard D. NOLANE
Première parution : 1/9/1980 dans Fiction 311
Mise en ligne le : 21/3/2009


 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 66606 livres, 67419 photos de couvertures, 61467 quatrièmes.
8090 critiques, 36422 intervenant·e·s, 1463 photographies, 3690 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2019. Tous droits réservés.