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Solaris

Stanislas LEM

Titre original : Solaris, 1961
Traduction de Jean-Michel JASIENKO
Illustration de Jean-Michel KACÉDAN

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 90
Dépôt légal : mars 1999
Retirage
Roman, 256 pages, catégorie / prix : 3
ISBN : 2-207-24853-4
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Science-Fiction


Quatrième de couverture
     Stanislas Lem, né en 1921 en Pologne, est un des auteurs les plus respectés de la science-fiction. Médecin de formation, passionné de philosophie, de cybernétique, de physique, de biologie, mais aussi humoriste à ses heures, il s'intéresse au rôle de l'homme dans l'univers.

     Une équipe scientifique débarque sur Solaris, une planète océan inhabitée qui tourne autour de deux soleils. Là, le Dr Kelvin est intrigué par le comportement du physicien Sartorius et du cybernéticien Snaut, qui semblent terrorisés par la visite d'une femme, Harey, que Kelvin a tant aimée et qui s'est suicidée plusieurs années auparavant. De découverte en découverte, les scientifiques s'apercevront que c'est l'océan, une entité intelligente et télépathe, qui essaie d'entrer en contact avec eux en matérialisant leurs fantasmes les plus secrets. De la même ampleur que Rendez-vous avec Rama d'Arthur C. Clarke, Solaris est une des pierres angulaires de la science-fiction, il a été porté à l'écran par Andreï Tarkovski.

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition GALLIMARD, Folio SF (2002)

     On peut distinguer, dans l'œuvre de l'écrivain polonais Stanislas Lem, d'une part les nouvelles, qui marient idéalement humour corrosif et vertiges métaphysiques (Les Mémoires d'Ijon Tichy par exemple), et d'autre part des textes plus graves, souvent des romans, approfondissant une réflexion jusqu'à la corde (comme dans Le Rhume), épuisant toutes ses possibilités. Solaris, son œuvre la plus célèbre, appartient à cette deuxième catégorie. Écrit en 1961, il fut adapté au cinématographe en 1972 par Andrei Tarkovski. Le film éponyme, assez fidèle au roman, est peut-être, avec 2001, Odyssée de l'espace de Kubrick, le meilleur film de SF de l'histoire du septième art. Mais qu'en est-il du texte de Lem ?
     Solaris est une planète recouverte par un Océan étrange, qui semble manifester les signes d'une certaine intelligence, d'une « métaconscience » qui reste un mystère absolu pour les scientifiques, depuis sa découverte plusieurs siècles auparavant. Le docteur Kelvin arrive sur la station en orbite autour de Solaris et observe le comportement anormal de ses habitants, Snaut et Sartorius. Très vite, et contre toute logique, il constate en effet qu'ils ne sont pas seuls à bord... Surgie de sa mémoire, une femme morte quelques années plus tôt réapparaît en chair et en os dans la station. Serait-ce donc cet Océan indéchiffrable ? Ce dernier tenterait-il de communiquer avec l'équipage en matérialisant ainsi les produits de leur inconscient, leurs fantasmes les plus enfouis ? L'Océan veut-il les punir ? Leur faire plaisir ? Ou rien de tout cela ?
     La construction de Solaris s'apparente à une démonstration. À travers l'historique de la « solaristique », le narrateur envisage les hypothèses, les réfute, en examine d'autres pour enfin reconnaître son impuissance. À la fois roman psychologique — tout se passe entre les personnages, astronautes et « créations chimériques » de l'Océan — et roman philosophique, il entraîne le lecteur dans un lent processus de réflexion, au cours duquel sont remis en question la place de l'homme dans l'univers et son aptitude (ou non) à comprendre ce qui lui est parfaitement étranger, totalement inhumain. C'est cette approche novatrice de la science-fiction, cette vision adulte, matérialiste et néanmoins transcendantale, qui a propulsé ce roman au rang mérité de mythe et de classique, dont l'influence est encore vive. Car malgré l'obsolescence de certains développements scientifiques — notamment en matière de physique quantique — , Solaris n'a pas pris une ride, porté par une thématique universelle et par un style sans fioritures. On peut simplement regretter dans cette réédition une illustration hideuse et lui préférer le design plus élégant de la précédente édition, dans la défunte collection Présence du Futur, chez Denoël.

Olivier NOËL
Première parution : 1/6/2002
dans Galaxies 25
Mise en ligne le : 1/2/2004

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Contacts

Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes
Denoël : Catalogue analytique Denoël (liste)
Jacques Sadoul : Anthologie de la littérature de science-fiction (liste parue en 1981)
Jean Gattegno : Que sais-je ? (liste parue en 1983)
Denis Guiot & Jean-Pierre Andrevon & George W. Barlow : Le Monde de la science-fiction (liste parue en 1987)
Albin Michel : La Bibliothèque idéale de SF (liste parue en 1988)
Lorris Murail : Les Maîtres de la science-fiction (liste parue en 1993)
Association Infini : Infini (1 - liste primaire) (liste parue en 1998)
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)
François Rouiller : 100 mots pour voyager en science-fiction (liste parue en 2006)

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Solaris , 1972, Andrei Tarkovsky
Solaris , 2002, Steven Soderbergh

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