Site clair (Changer
 
  Critiques  
 
  Livres  
 
  Intervenants  
 
  Prix littéraires  
 
  Adaptations  
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Livre d'Or de la science-fiction : Norman Spinrad

Norman SPINRAD

Textes réunis par Patrice DUVIC



Illustration de Wojtek SIUDMAK

POCKET (Paris, France), coll. Le Livre d'or de la science-fiction n° 5030
Dépôt légal : 2ème trimestre 1978
352 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-266-00583-9   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
Né en 1940 à New York, Norman Spinrad est depuis les années soixante l'un des plus représentatifs et l'un des plus originaux des auteurs de la Nouvelle Vague américaine. Surtout connu en France pour deux romans étonnants : Jack Barron et l'Eternité et Rêve de fer, dont la publication fit l'effet d'une bombe dans le monde de la science-fiction, Norman Spinrad reste avant tout pour les critiques américains « l'un des meilleurs, si ce n'est le meilleur des auteurs de nouvelles que compte le genre » comme l'a écrit Ursula Le Guin.
Une réputation méritée qu'il doit au punch de ses idées ; des idées choc qui démolissent en quelques lignes les tabous littéraires et politiques apparemment les plus solides. Iconoclaste, contestataire, apôtre ambigu des hallucinogènes, Spinrad est un écrivain a l'humour dévastateur, d'une stupéfiante diversité.

    Sommaire    
1 - Patrice DUVIC, Préface, pages 7 à 21, Préface
2 - Le Dernier des Romani (The Last of the Romany), pages 23 à 39
3 - Subjectivité (Subjectivity), pages 41 à 59
4 - Les Anges du cancer (Carcinoma Angels), pages 61 à 75, trad. Michel DEUTSCH
5 - Le Dernier hurrah de la horde d'or (The Last Hurrah of the Golden Horde), pages 77 à 102, trad. Jacques CHAMBON & Jacques GUIOD
6 - Le Grand flash (The big flash), pages 103 à 135, trad. Michel DEUTSCH
7 - L'Herbe du temps (The Weed of Time), pages 137 à 149, trad. France-Marie WATKINS
8 - Continent perdu (Lost Continent), pages 151 à 215, trad. Michel DEUTSCH
9 - Nulle part où aller (No Direction Home), pages 217 à 241
10 - La Beauté de la chose (A Thing of Beauty), pages 243 à 266
11 - Souvenir de famille (Heirloom), pages 267 à 280
12 - Tous les sons de l'arc-en-ciel (All the Sounds of the Rainbow), pages 281 à 325
13 - Black-out (Black-out), pages 327 à 344
14 - ANONYME, Bibliographie, pages 345 à 349, Bibliographie

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jacques Goimard & Claude Aziza : Encyclopédie de poche de la SF (liste parue en 1986)

 
    Critiques    
     Pour Norman Spinrad, la science-fiction est « la seule forme de littérature qui soit vraiment en prise sur notre époque, qui explore la réalité multiple dans laquelle nous vivons aujourd'hui ». Littérature hallucinogène, elle altère la perception de notre univers en affirmant le caractère éminemment variable de la réalité perceptuelle. Il n'y a pas de réalité fondamentale, il n'y a pas de point d'ancrage possible. Dans ces douze nouvelles réunies par Patrice Duvic, la SF « marche à chaque instant telle Alice, dans un pays des merveilles où tout n'est que vivante métaphore ». Mouvance d'une littérature qui revendique la notion de chaos comme condition même de l'évolution de l'espèce humaine et apparaît comme la seule manière de comprendre la réalité, celle-ci étant considérée comme « le point de contact, l'interface entre un environnement kaléidoscopique en perpétuelle et rapide évolution et, d'autre part, la conscience humaine. »
     Cette multi-réalité, c'est celle qu'a vécue dans son enfance Norman Spinrad, gosse du Bronx, né à New York en 1940, évoluant dans un monde de mutations et de perpétuelles remises en question, coincé entre la violence du struggle for life (« faim de réussite, de standing et biens matériels qui pousse au sommet les plus démunis ») et celle des bandes d'adolescents, rebels without a cause. Les tentations du pouvoir et de la violence fascisante, Norman Spinrad les a côtoyées tout au long de sa jeunesse, elles constituent la chair de ses principaux romans Jack Barron et I'Eternité (Laffont), Rêve de fer (Livre de Poche), Le Chaos final (Champ Libre). « Nous ne sommes pas les petits saints, ou les révolutionnaires désincarnés, que nous nous plaisons à Imaginer, semble nous dire Norman Spinrad. Le pouvoir est une drogue et nous sommes tous en état de manque... »
     Lucidité d'un auteur qui, continuellement, se pose la question du rôle de l'artiste dans la société, de sa responsabilité. « Est-ce immoral d'inventer de nouveaux styles de conscience pour les autres, de transformer sans cesse la conscience des gens », se demande Lennie Spiegelmann dans Nulle part ou aller. L'écrivain joue-t-il le rôle de Dieu, ou bien plus simplement celui du Dernier des Romani, « ce genre d'homme que l'on n'arrive pas à empaqueter, ce genre d'homme que l'on ne saurait produire dans des écoles sous contrôle, que l'on ne saurait modeler avec des rêves en conserve » ?
     Ni emprisonner dans une formule à l'emporte-pièce, car Spinrad, par sa diversité de tons, de styles, de thèmes, échappe à toute classification ; ce qui est logique pour l'apôtre de la multi-réalité, mais ne rend pas la tâche facile à l'anthologiste ! « Cette étonnante diversité se dresse comme un rempart fait de masques et de miroirs déformants » note Patrice Duvic. Mais cela n'empêche pas ce dernier de se tirer avec brio de la difficulté, considérant cette diversité (« pour tout dire, une diversité telle qu'elle apparaît fondée sur une démarche systématique, presque un postulat philosophique ») non comme un obstacle à une approche globale de l'œuvre, mais comme une clef. Ce qui donne cette anthologie, excellente en tous points (dans une collection qui se révèle indispensable pour l'amateur de SF) : préface intelligente, nouvelles parfaitement choisies, présentées et agencées, bibliographie exhaustive. Un reproche cependant : la faible proportion d'inédits (la moitié exactement).

Denis GUIOT
Première parution : 1/9/1978 Futurs (1ère série) 3
Mise en ligne le : 17/7/2003


 
     FLASH SUR LE CONTINENT SF

     Voici le quatrième volume de cette série, la plus luxueuse et la plus belle existant à ce jour en livre de poche. En fait, Le Livre d'or égale par sa présentation bien des collections trois ou quatre fois plus chères.
     Le travail des anthologistes, Gérard Klein pour Ursula Le Guin et Frank Herbert, Marianne Leconte pour Théodore Sturgeon et Patrice Duvic pour Norman Spinrad, est digne de tous les éloges. Les couvertures de Siudmak sont parmi les plus fortes jamais réalisées par ce dessinateur pas toujours exempt de mièvrerie. Broutin a réussi un merveilleux Le Guin ; mais il a, à mon avis, complètement raté le Herbert. Un détail.
     Jack Barron Spinrad : le rêve de fer américain attaqué par la rouille devient un cauchemar de toutes les couleurs. Dans sa préface, Patrice Duvic cite cette remarque de Spinrad lui-même, à propres de la fiction spéculative : « C'est la seule forme de littérature qui soit vraiment en prise sur notre époque, qui explore la réalité multiple dans laquelle nous vivons aujourd'hui. » Si Norman Mailer ou John Updike avaient partagé cette conviction, l'un ou l'autre aurait pu être Norman Spinrad. Mais qu'aurait donc été Spinrad ? Prix Nobel 1999 ?
     Quoi qu'il en soit, Patrice Duvic nous apprend tout ce que nous devons savoir de l'auteur de Jack Barron dans cet univers-ci et ce présent-là. Faut-il ajouter que le mystère Spinrad reste entier et que c'est mieux ainsi ? Roger Bozzetto m'écrit qu'à son avis ce livre est un peu pauvre en inédits. Je ne partage pas ce point de vue. D'abord, la vocation du Livre d'or n'est pas de publier des inédits mais de réunir les meilleurs textes d'un écrivain illustre. Il était tout à fait impossible de réaliser une anthologie Spinrad sans y faire figurer des nouvelles aussi importantes et aussi représentatives que Les anges du cancer. Le grand flash. Continent perdu...
     De plus, parmi les nouvelles rééditées ici, la plupart avaient été publiées dans les anthologies d'Alain Dorémieux chez Casterman : elles méritaient plutôt deux fois qu'une de paraître en livre de poche. Enfin, il y a dans ce livre d'or au moins cinq inédits : Black-out, Tous les sons de l'arc-en-ciel, Souvenir de famille. La beauté de la chose et Subjectivité. Sur les cinq, trois sont au moins aussi bonnes (et à mon goût encore meilleures) que les trois nouvelles célèbres citées plus haut. Ce n'est quand même pas mal ?
     Un recueil bourré de chefs-d'œuvre. Mes préférences personnelles vont aux deux derniers textes, Tous les sons et Black-out, qui sont parmi les plus récents écrits de Spinrad — ce qui laisse bien augurer de l'avenir.
     La beauté de la chose est sans doute la nouvelle la plus énigmatique. On y trouve cette conclusion : « Je savais que M. Ito essayait de me dire quelque chose, mais je n'arrive toujours pas vraiment à comprendre quoi. » Remplacez « M. Ito » par le nom de l'auteur et vous connaîtrez la question à un million de dollars.
 

Michel JEURY
Première parution : 1/9/1978 dans Fiction 293
Mise en ligne le : 23/5/2010


 

Dans la nooSFere : 62621 livres, 58864 photos de couvertures, 57111 quatrièmes.
7958 critiques, 34372 intervenant·e·s, 1334 photographies, 3656 Adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous écrire.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2018. Tous droits réservés.