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La Ville est un échiquier

John BRUNNER

Titre original : The Squares of the City
Traduction de René BALDY
Illustration de Wojtek SIUDMAK
POCKET, coll. Science-Fiction / Fantasy n° 5206
Dépôt légal : avril 1985
384 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-266-01560-5   
Genre : Science Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Ciudad de Vados est l'orgueil de la république d'Aguazul. Cette mégalopole futuriste, surgie du néant au beau milieu d'un pays imaginaire d'Amérique Centrale, est l'oeuvre d'un groupe de promoteurs, d'architectes et d'urbanistes venus de tous pays. Grâce à elle, le président Vados espère passer à la postérité. Pourquoi fait-il encore appel à un expert international en matière de trafic urbain ? Boyd Hakluyt est-il vraiment chargé de résoudre un problème de circulation ? Et s'il s'agissait plutôt d'éliminer le bidonville qui, en plein coeur de la cité, rappelle de façon gênante la misère d'Aguazul et trenit les rêves de grandeur du dictateur ? Peu à peu, Boyd découvre qu'il est manipulé comme une simple pièce dans un jeu dont la signification lui échappe. Quel est l'enjeu de cette partie impitoyable où tous les coups sont mortels ?

     John Brunner, né en 1934, est l'un des trois ou quatre grands de la S.F. anglaise. Il est fasciné par les sociétés en décomposition (Tous à Zanzibar) comme par la violence et le cauchemar (les Chimères de l'ombre). Tout se retrouve dans La ville est un échiquier, roman d'action à l'emporte-pièce sur les lendemains qui déchantent. George Barlow a consacré à John Brunner un Livre d'Or très convaincant.


    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
Lorris Murail : Les Maîtres de la science-fiction (liste parue en 1993)
Association Infini : Infini (2 - liste secondaire) (liste parue en 1998)
 
    Critiques    
     La Ville est un Echiquier est un roman d'une conception rigoureuse et d'une grande intelligence. Il serait vain de vouloir le résumer. Cette tâche s'avérerait à la fois difficile et mutilante pour l'œuvre de Brunner.
     Oui, la ville est un échiquier sur lequel chaque habitant, chaque touriste, chaque voyageur de passage et chaque résident étranger incarnent un pion ; sans grade ou tête, qu'importe ? De toute façon, ils sont joués. Ceux qui gouvernent dans « le pays le plus gouverné du monde » déplacent ces pions non pas au gré de leur fantaisie mais selon des objectifs politiques et économiques précis, secrets et complexes. Seulement, une pièce de chair ne se révèle pas toujours aussi maniable, aussi placide, qu'une pièce de bois. Il y a immanquablement des imprévus, et ceux-ci bouleversent certains impératifs du moment.
     En fait, une fois de plus, Brunner met en scène les mécanismes du pouvoir, les hommes du pouvoir, les réussites et les erreurs du pouvoir. Echiquier de ces forces humaines démesurées, la ville est le théâtre d'événements violents : meetings, meurtres, émeutes.. ET PAUVRETE QUOTIDIENNE.
     Personne, finalement, ne comprend exactement l'ampleur et la face cachée de l'Histoire qui se trame, instant après instant. Pas même ceux qui dirigent le jeu, ou croient le diriger.
     Il semblerait, d'après Brunner, que l'on ne puisse point berner les « citoyens » éternellement, malgré les immenses moyens mis en oeuvre : propagandes radiodiffusées et télévisées, jeux de scène des hommes politiques qui sont tous des dictateurs en puissance.
     Car, lorsque inexorablement la marée déferle, tout se trouve balayé. Les peuples opprimés lessivent l'échiquier de leurs malheurs avec du sang, laissant l'usage de la sueur à quelques idéalistes inoffensifs.
     Mais après ? Parfois, souvent même, recommence un esclavage similaire...


Éric SANVOISIN
Première parution : 1/11/1985 dans Fiction 368
Mise en ligne le : 10/3/2005

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    
Edition CALMANN-LÉVY, Dimensions SF (1973)


     Il arrive à Brunner ce qu'il est advenu récemment à Silverberg : après des années de méconnaissance, les éditeurs de langue française se mettent à s'arracher ses bouquins. La publication de ce roman suit celle de Tous à Zanzibar chez Laffont et de L'orbite déchiquetée chez Denoël et précède celle de La conquête du chaos chez Marabout. Autant d'occasions de découvrir un auteur au métier solide, qui pour ma part ne me transporte pas, mais dont on ne peut nier l'énorme habileté ni cette qualité typiquement anglo-saxonne qu'est la « versatilité » (au sens anglais du terme, c'est-à-dire, dans le cas d'un écrivain : faculté de passer avec aisance d'un genre de récit à un autre). Non, Tous à Zanzibar n'est pas à mes yeux le livre mémorable qu'on a voulu y voir ; mais Brunner n'est pas quelqu'un qu'on peut rayer d'un simple geste méprisant. Il existe, et son existence s'impose. La ville est un échiquier, roman dont les péripéties sont conçues pour reproduire en détail le déroulement d'une partie d'échecs (chaque personnage jouant le rôle d'une des pièces), est à la fois diaboliquement habile et complètement lassant. Mais c'est tout Brunner, ça : ce mélange de fabuleuse technique et d'irritant délayage. Je n'ai jamais envie de lire du Brunner, mais son envergure m'en impose.

Serge BERTRAND
Première parution : 1/8/1973
dans Fiction 236
Mise en ligne le : 28/10/2002


 

 
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