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Nouvelles 1963-1981

Philip K. DICK


Cycle : Dick, Philip K. : intégrale des fictions courtes  vol. 4

Traduction de Hélène COLLON
Illustration de ELRIK & Frank RONAN

DENOËL (Paris, France), coll. Présences n° (42)
Dépôt légal : avril 1998
720 pages, catégorie / prix : 280 FF
ISBN : 2-207-24591-8
Format : 14,0 x 20,5 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Un humain découvre qu'il est un androïde, un chef d'Etat chinois révèle son véritable... et terrifiant visage, un Christ dévore ses adorateurs, des souvenirs artificiels, des extra-terrestres saugrenus, des ordinateurs délirants, des mutants inattendus...
     Ce quatrième et dernier volume de l'intégrale des fictions courtes de Philip K. Dick — présentées dans un ordre aussi proche que possible de celui de la composition, dans des traductions soigneusement révisées, et accompagnées parfois des commentaires de l'auteur qui ont pu être retrouvés- couvre près de vingt ans de carrière. La période au cours de laquelle Dick a acquis, aux Etats-Unis comme en France, toute sa stature. Dans le domaine du roman, comme dans celui de la nouvelle, c'est le temps des chefs-d'oeuvre en rafale. Celui des interrogations les plus complexes et des réponses les plus vertigineuses. Des visions les plus noires et de l'illumination de 1974, capitale pour l'évolution spirituelle de Dick, qui en arrivait à la question ultime : « Qu'est-ce que la divinité ? »
     En prime : le synopsis du roman que projetait Dick moins d'un an avant sa mort, Le Hibou ébloui. Un mot de la fin idéal pour quelqu'un qui n'a pas toujours bien su se repérer au grand soleil mais a su voir dans notre nuit.

     Philip K. Dick (1928-1982) a laissé une oeuvre considérable tant dans le domaine de la nouvelle que dans celui du roman. Son approche de l'imaginaire est celui d'un écrivain-phare qui a définitivement marqué toute une génération d'auteurs et de lecteurs, mais il est désormais considéré avant tout comme un créateur puissamment original dont la vie et les écrits n'ont pas fini de nous bouleverser.

    Sommaire    
1 - Jacques CHAMBON & Hélène COLLON, Préface, pages 7 à 14, Préface
2 - Introduction, pages 15 à 19, Introduction, trad. Hélène COLLON
3 - Au temps de poupée Pat (The Days of Perky Pat), pages 21 à 56, trad. Marcel THAON
4 - Le Suppléant (Top Stand-By Job / Stand-By), pages 57 à 79, trad. Marcel THAON
5 - Que faire de Ragland Park ? (What'll We Do With Ragland Park?), pages 80 à 107, trad. Emmanuel JOUANNE
6 - Ah, être un Gélate... (Oh, to Be a Blobel!), pages 108 à 132, trad. Christine RENARD
7 - La Petite boîte noire (The Little Black Box), pages 133 à 163, trad. Pierre BILLON
8 - La Guerre contre les Fnouls (The War with the Fnools), pages 164 à 179, trad. France-Marie WATKINS
9 - Qui perd gagne (A Game of Unchance), pages 180 à 205, trad. Marcel THAON
10 - Un précieux artefact (Precious Artifact), pages 206 à 225, trad. Michel DEUTSCH
11 - Le Retour du refoulé (Retreat Syndrome), pages 226 à 253, trad. Alain DORÉMIEUX
12 - Une odyssée terrienne (A Terran Odyssey), pages 254 à 293, trad. Emmanuel JOUANNE
13 - Rendez-vous hier matin (Your Appointment Will Be Yesterday), pages 294 à 320, trad. Marcel THAON
14 - Guerre sainte (Holy Quarrel), pages 321 à 352, trad. Michel DEUTSCH
15 - Souvenirs à vendre (We Can Remember It for You Wholesale), pages 353 à 380, trad. Bernard RAISON
16 - Ne pas se fier à la couverture (Not by Its Cover), pages 381 à 393, trad. Alain DORÉMIEUX
17 - Match retour (Return Match), pages 394 à 413, trad. Michel DEUTSCH
18 - La Foi de nos pères (Faith of Our Fathers), pages 414 à 456, trad. Guy ABADIA
19 - L'Histoire qui met fin à toutes les histoires pour l'anthologie d'Harlan Ellison "Dangerous Visions" (The Story to End All Stories for Harlan Ellison's Anthology Dangerous Visions), pages 457 à 457, trad. Emmanuel JOUANNE
20 - La Fourmi électrique (The Electric Ant), pages 458 à 480, trad. Bruno MARTIN
21 - Cadbury, le castor en manque (Cadbury, the Beaver Who Lacked), pages 481 à 504, trad. Emmanuel JOUANNE
22 - Au revoir, Vincent (Goodbye, Vincent), pages 505 à 509, trad. Emmanuel JOUANNE
23 - Un p'tit quelque chose pour nous, les temponautes ! (A Little Something for Us Tempunauts), pages 510 à 541, trad. Bernard RAISON
24 - Les Pré-personnes (The Pre-Persons), pages 542 à 576, trad. Alain DORÉMIEUX
25 - L'Oeil de la sibylle (The Eye of the Sibyl), pages 577 à 589, trad. Emmanuel JOUANNE
26 - Le Jour où Monsieur Ordinateur perdit les pédales (The Day Mr. Computer Fell Out of its Tree), pages 590 à 599, trad. Emmanuel JOUANNE
27 - La Sortie mène à l'intérieur (The Exit Door Leads In), pages 600 à 622, trad. France-Marie WATKINS
28 - Chaînes d'air, réseau d'éther (Chains of Air, Web of Aether), pages 623 à 648, trad. France-Marie WATKINS
29 - Étranges souvenirs de mort (Strange Memories of Death), pages 649 à 656, trad. Bernard SIGAUD
30 - Le Voyage gelé (Frozen Journey), pages 657 à 678, trad. Emmanuel JOUANNE
31 - Le Cas Rautavaara (Rautavaara's Case), pages 679 à 691, trad. Emmanuel JOUANNE
32 - L'Autremental (The Alien Mind), pages 692 à 695, trad. Emmanuel JOUANNE
33 - Le Hibou ébloui (The Owl in Daylight), pages 696 à 701, trad. Hélène COLLON
34 - Hélène COLLON, Bibliographie, pages 703 à 709, Bibliographie

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Total recall , 1990, Paul Verhoeven (d'après le texte : Souvenirs à vendre)
Total recall , 1990, Paul Verhoeven (d'après le texte : Souvenirs à vendre)
Total Recall 2070 , 1999 (d'après le texte : Souvenirs à vendre), (Série TV en 22 épisodes)
Passengers , 2016, Morten Tyldum (d'après le texte : Le Voyage gelé)
 
    Critiques    
     Ce quatrième et dernier recueil des nouvelles complètes de Dick couvre une période de près de vingt ans. Celle-ci correspond à la période où Dick devient un auteur de premier plan, grâce à des romans devenus des classiques, et où cette dernière forme devient prédominante.
     Bon nombre de ces nouvelles peuvent être considérées comme des ébauches de roman (Au temps de Poupée Pat, Rendez-vous hier matin, Une odyssée terrienne, Chaînes d'air, réseau d'éther...) ce qui ne signifie pas que telles étaient forcément les intentions de Dick au départ. « Dans la nouvelle gisait le germe », écrit Dick qui avoue que certaines de ses idées restent mieux exprimées sous cette forme qu'intégrées à un projet plus vaste dans le cadre d'un roman.
     Durant la décennie précédente, la question de la définition de l'humain et de la réalité avait souvent pris la forme d'invasions insidieuses, d'artefacts dont il était impossible de déterminer l'extranéité. On en trouve encore quelque trace comme dans Un précieux artefact (l'un des derniers humains se raccroche à un chat symbolisant son monde détruit, sans savoir que les extraterrestres vainqueurs l'ont fabriqué pour son bon équilibre psychique). On sent pourtant la veine s'appauvrir, Dick synthétisant ses doutes jusqu'à la caricature et ne se privant pas, du coup, de les traiter par l'humour  : un humain se changeant en gélate 12 heures sur 24 ne se sent pas plus humain qu'une gélate se transformant les trois quarts du temps en (ravissante) humaine (Ah ! Etre un gélate !)  ; comment se mêler aux humains sans se faire repérer se demande un des petits envahisseurs Fnouls  ? Cigarettes, whisky et p'tites pépées font de vous un homme à condition de ne pas en abuser ! (La guerre contre les Fnouls)
     A présent, il ne s'agit plus d'identifier une menace externe mais de démêler, à l'intérieur de soi, le vrai du faux  : l'homme conditionné pour croire à des événements qui n'ont pas eu lieu (Le retour du refoulé), l'homme se faisant greffer des souvenirs de voyage (Souvenirs à vendre), l'homme apprenant qu'il n'est qu'une machine et que sa perception de la réalité (ou bien la réalité elle-même  ?) ne dépend que de la bande perforée qui défile dans sa mémoire (La fourmi électrique) sont autant d'exemples où le héros dickien ne se contente plus de douter de ses sens mais de lui.
     Est-ce pour cette raison qu'il éprouve le besoin de se livrer à quelques confidences autobiographiques, de faire le point, parfois par le biais de texte symbolique comme Cadbury, le castor en manque, où sont exprimées ses difficiles relations avec les femmes ?
     Précédant le délire mystique de Dick, et en prolongement direct avec les thèmes qu'il ressasse sans cesse, de nombreux textes posent la question de la divinité (La boîte noire, La foi de nos pères, L'oeil de la sybille, Le cas Rautavaara), préfigurant entre autres les romans de la « trilogie divine » ou encore le roman qu'il projetait d'écrire, Le Hibou ébloui, dont on trouvera ici le synopsis inédit que Dick avait présenté à son éditeur.
     Une chose est sûre à la lecture de ces quelques pages condensant davantage un projet qu'un récit : Dick n'aurait pas fini de nous étonner !

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/7/1998 dans Bifrost 9
Mise en ligne le : 1/4/2002


     Pour ce quatrième et dernier volume de l'intégrale des nouvelles de Dick, l'encensoir s'impose a priori. Au vu de l'objet, d'abord. Le prix au poids est raisonnable, et le travail d'édition, entre préface, présentations par l'auteur et bibliographie, est louable, même si l'on n'a ni les références de toutes les publications en France, ni celles des romans pour situer chaque texte dans l'ensemble de l'œuvre, d'autant que, là, elles se répartissent sur presque vingt ans (et que quatre renvoient directement à des romans). Cela n'empêche pas une évolution, ou une involution, évidente. On commence dans la continuité des thèmes de l'âge d'or, revus et corrigés avec quelque dérision. Après une catastrophe, les survivants se réfugient dans la reconstitution d'une image du passé autour d'une sorte de poupée Barbie ; l'ordinateur qui gouverne les États-Unis est flanqué d'un vice-président humain, inutile voire ridicule sauf en cas de panne ; l'espion transformé en amibe, et qui ne reprend forme humaine que par intervalles, vit une difficile relation conjugale avec une espionne extraterrestre qui a subi un traitement symétrique ; des extraterrestres envahisseurs copient l'homme, mais sans comprendre pourquoi leur taille très réduite les fait repérer, et une autre invasion passe par des distributeurs de bubble-gums. Ces bricolages sur des thèmes classiques persistent jusqu'à la fin. L'ordinateur qui contrôle la vie quotidienne de chacun se dérègle ; les « temponautes » envoyés dans un futur proche assistent à leurs propres funérailles, leur retour au « présent » ayant raté, et deux textes tardifs tournent autour des années à passer conscient et isolé dans un vaisseau dont le système de vie suspendue est détraqué. Malgré une paranoïa souvent évidente, la manipulation, en théorie marque de fabrique de l'auteur, apparaît finalement peu. En revanche, on retrouve le ton des romans quand le statut de la réalité devient fort incertain, qu'un terraformateur se raccroche à un simulacre pour croire qu'il reste quelque chose de la Terre, que le leader communiste suprême apparaît comme un non-humain aux yeux d'un fonctionnaire de base, qu'un homme à l'origine de l'échec d'une sécession planétaire vit dans une réalité imaginaire où la sécession a échoué, mais où il a tué son épouse, qu'un autre découvre qu'il est un androïde, puis qu'il crée ou annule la réalité en bricolant une bande perforée dans sa poitrine — sans parler du texte d'où a été tiré Total Recall. Le problème, qui peut faire hésiter l'encensoir évoqué plus haut, est que s'ajoute, comme dans les derniers romans de Dick, une religiosité de bazar, quasi-canularesque lorsque le leader déjà cité se révèle être Dieu, ou amusante lorsqu'une reliure en peau d'animal martien modifie les textes imprimés pour témoigner d'une vie éternelle, mais souvent irritante. Comme cette dernière inspiration se mêle à des textes ébauchés, non publiés du vivant de l'auteur, relevant du mainstream, et avec une misogynie aiguë mêlée à des traces de poujadisme anti-fiscal, cela permet à ceux que tout cela irrite en bloc d'évoquer une dérive, ou un naufrage. R.I.P.

     Reste qu'une poignée de textes discutables ne fait pas oublier la qualité de l'ensemble. Et que l'attachement à Dick, né de ce qu'il a été, peut faire s'intéresser à ce qu'il était devenu — au moins sous l'angle documentaire. Sans compter que d'aucuns apprécieront même cela. Bref, il serait dommage pour un amateur de ne pas posséder les trois volumes précédents, de ne pas les compléter par celui-là, de ne pas profiter de l'écrasante majorité de bons et d'excellents textes qu'il comporte, quitte à en faire passer quelques autres de la science-fiction au témoignage psychopathologique, en illustration d'Invasions divines, la biographie de Dick par Lawrence Sutin, publiée en 1995 dans la même collection...

Éric VIAL (lui écrire)
Première parution : 1/6/1998 dans Galaxies 9
Mise en ligne le : 21/4/2009


 
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