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Voyage au bout de l'esprit

Robert SILVERBERG

Première parution : Paris, France : Omnibus, janvier 1998


Illustration de Didier THIMONIER

OMNIBUS (Paris, France), coll. Omnibus
Dépôt légal : janvier 1998, Achevé d'imprimer : janvier 1998
928 pages, catégorie / prix : 145 FF
ISBN : 2-258-04920-2
Format : 13 x 19,7 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Il y a quelque part une planète où personne n'a le droit de dire je. Le héros de cette histoire consomme un jour une drogue qui lui donne accès à son inconscient : il en tire le pouvoir de dire non seulement je, mais nous. Et sa découverte inaugure Ie Temps des changements.
     Le problème n'est pas tant qu'ils soient plusieurs hommes, dans un même corps, mais qu'ils voudraient chacun être le seul a l'occuper. Quand Hamlin est condamné à la réhabilitation, sa personnalité est effacée. A sa place, on installe l'esprit de Macy. On a seulement négligé de dire à Macy qu'il n'est lui-même qu'une personne artificielle. Un Homme programmé.
     Le pire, c'est d'être télépathe. Capable de lire dans l'esprit des autres. Et d'éprouver non seulement le plaisir d'explorer leurs secrets, mais le vertige de percevoir d'un seul coup l'enchevêtrement de leurs existences. Tel est le destin de David Selig.
     Curieux de se chercher soi-même et de découvrir tant de personnages. Ils sont quatre, ils ont vingt ans et parcourent l'Amérique à la recherche du monastère de la Fraternité des Crânes. Une sorte de road story. Au bout de la route, ils devront contempler leur propre visage en face. Et y trouver la mort ou l'immortalité. Le Livre des Crânes ne peut leur offrir que le zéro et l'infini.
 
     L'infini, c'est ce que Robert Silverberg (né en 1935) a longtemps cherché ; sa plus ancienne compagne, c'est la mélancolie. Un splendide écrivain, qui en allant jusqu'au bout de sa quête peut respecter les lois de la littérature de genre ou les faire voler en éclats, comme en témoignent les romans parmi les plus grands et les nouvelles ici réunis.
 
     Dying inside, qui fait ici l'objet d'une nouvelle traduction, a précédemment été publié en français sous le titre L'Oreille interne.

    Sommaire    
1 - Jacques GOIMARD, Les Hauteurs secrètes, pages I à XXII, Préface
2 - Le Temps des changements (A Time Of Changes), pages 7 à 178, Roman, trad. Alain DORÉMIEUX
3 - Le Livre des crânes (The Book of Skulls), pages 179 à 352, Roman, trad. Guy ABADIA
4 - Dying inside (Dying Inside), pages 353 à 524, Roman, trad. Christophe CLARO
5 - L'Homme programmé (The Second Trip), pages 525 à 693, Roman, trad. Bruno MARTIN
6 - Tous les chemins mènent à l'homme, pages 695 à 900, Recueil de nouvelles
7 - (Moi+n) (Moi-n) ((Now + n, Now - n)), pages 697 à 716, trad. Jacques CHAMBON
8 - Ce qu'il y avait dans le journal de ce matin (What We Learned from this Morning's Newspaper), pages 717 à 732, trad. Jacques CHAMBON
9 - Quand nous sommes allés voir la fin du monde (When We Went to See the End of the World), pages 733 à 743, trad. Michel DEUTSCH
10 - Breckenridge et le continuum (Breckenridge and the Continuum), pages 745 à 771, trad. Bernard FERRY
11 - La Maison des doubles esprits (In the House of Double Minds), pages 773 à 793, trad. Bernard FERRY
12 - Schwartz et les galaxies (Schwartz Between the Galaxies), pages 795 à 815, trad. Philippe R. HUPP & Didier PEMERLE
13 - Né avec les morts (Born with the Dead), pages 817 à 881, trad. Alain DORÉMIEUX
14 - Le Dybbuk de Mazel Tov IV (The Dybbuk of Mazel Tov IV), pages 883 à 900, trad. Didier PEMERLE

    Prix obtenus    
Né avec les morts : Nebula, novella / Court roman, 1974, Locus, novella / Court roman, 1975
 
    Critiques    
     Ce second recueil de romans et nouvelles de Silverberg chez Omnibus contient deux de ses chefs d'œuvre absolus, Le Livre des crânes et L'Oreille interne,qui adopte pour sa nouvelle traduction le titre original, Dying Inside. Les deux autres romans que sont Le Temps des changements et L'Homme programmé figurent parmi les livres majeurs de l'auteur. Quant aux huit nouvelles qui suivent, elles prouvent s'il en était encore besoin l'étendue du talent de Silverberg. Le plus étonnant est que les deux chefs d'oeuvre cités ainsi que trois des nouvelles ont été écrits la mê me année, en 1972, et que tous les autres textes le furent entre 1971 et 1974 (ainsi que nombre des textes inclus dans le premier « Omnibus »).

     De cette période féconde, on retient la similitude des thèmes, traitant de l'esprit comme l'indique le titre du recueil, mais aussi de spiritualité et de l'immortalité, et la façon dont Silverberg les décline inlassablement en les abordant sous divers angles. L'esprit est souvent considéré comme une prison. Nos manières de penser induisent des comportements qui peuvent être des chaînes : l'interdiction de s'exprimer à la première personne comme de parler de soi crée une civilisation handicapée sur le plan émotionnel dans Le Temps des changements où le narrateur constate que la pudeur qui consiste à ne pas se livrer empêche également de se connaître. C'est par contre au bout de la connaissance de soi que se rendent les quatre protagonistes du Livre des crânes, à la recherche de l'immortalité qui les attend au bout de leur quête, s'ils parviennent à contempler leur visage en face, l'échec signifiant la mort. Comme dans toute quête, la connaissance n'était pas tant délivrée au final qu'au cours du trajet. Il en va de même dans la nouvelle « Né avec les morts » où Klein, désespérément amoureux de Sybille, tente de la ramener parmi les vivants.

     Il est question de connaissance aussi pour Sélig, le télépathe de Dying Inside, qui s'inquiète de voir disparaître progressivement son pouvoir qui, pourtant, est à l'origine de ce qu'il considère comme sa malédiction. À cause de lui, il ne se connaît pas plus que le narrateur du Temps des changements. Quand son pouvoir a disparu, identique à un nouveau-né, il va devoir apprendre à connaître les gens à partir de leur attitude, à entendre ce qu'ils disent entre leurs phrases...

     Il est curieux de constater qu'un supplément de pouvoir, chez Silverberg, aliène l'homme plus qu'il ne l'enrichit. Ainsi Lissa, dans L'homme programmé, se perd dans les multiples voix qu'elle entend dans sa tête. Face à elle, l'affrontement des esprits prend un tour plus dramatique : Hamlin, condamné à la réhabilitation, est effacé pour que son corps puisse abriter une autre identité : malheureusement, son esprit est toujours présent et l'hôte qu'on a installé, Macy, est une personne artificielle et qui l'ignore. Alors qu'il considère son ancienne conquête, Lissa, comme un monstre, un vampire, Macy au contraire la trouve fragile et sans défense au point d'en tomber amoureux. Quelle est la vraie Lissa ? Peut-être les deux ou encore une option intermédiaire ?

     Les deux protagonistes de « (MOI + n) (MOI — n) », l'homme qui a le don de correspondre avec son moi en avance dans le temps et son moi dans le passé (ce qui lui permet d'effectuer de fructueux bénéfices boursiers) et la femme qui oscille perpétuellement dans le temps, disparaissant un siècle ou une semaine dans l'avenir, ne peuvent, eux aussi, vivre leur amour que s'ils renoncent à leur pouvoir : l'amulette qui stabilise la femme annule en effet son don.

     À l'inverse, une ablation ajoute de l'humanité : dans « La Maison des doubles esprits », on a séparé les cerveaux droit et gauche des enfants qui se découvrent ainsi de nouvelles dispositions et acquièrent un supplément d'âme.

     D'autres nouvelles, au ton plaisant comme « Ce qu'il y avait dans le journal ce matin » (encore une histoire temporelle), ou plus cynique comme « Quand nous sommes allés voir la fin du monde », parsèment ce recueil plutôt homogène et qui s'orne de surcroît d'une excellente préface de Goimard englobant, autour de la mythologie et des thèmes précités, d'autres œuvres de l'auteur.

     Ne serait-ce que pour ces préfaces éclairantes, la collection des « Omnibus » (van Vogt, Dick, Asimov...) méritent de figurer dans la bibliothèque de l'amateur de Science-Fiction.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/4/1998 dans Bifrost 8
Mise en ligne le : 2/11/2003


 

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