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Fahrenheit 451

Ray BRADBURY

Titre original : Fahrenheit 451, 1953

Traduction de Jacques CHAMBON & Henri ROBILLOT
Illustration de Masao MUKAI & Syata TOKITSUNE

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 3
Dépôt légal : février 2003
224 pages, catégorie / prix : F5
ISBN : 2-07-041573-2   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif.
     Montag, le pompier pyromane, se met pourtant à rêver d'un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l'imaginaire au profit d'un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé.

     Né en 1920, Ray Bradbury s'impose à la fin des années 40 comme un écrivain majeur, avec la parution d'une série de nouvelles oniriques et mélancoliques, plus tard réunies sous le titre de Chroniques martiennes. Publié en 1953, Fahrenheit 451, qui finit d'asseoir la réputation mondiale de l'auteur, sera porté à l'écran par François Truffaut.

    Prix obtenus    
Retro Hugos, roman, 1954

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Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)
Lorris Murail : Les Maîtres de la science-fiction (liste parue en 1993)
Stan Barets : Le Science-Fictionnaire - 2 (liste parue en 1994)
Association Infini : Infini (1 - liste primaire) (liste parue en 1998)
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)
Francis Berthelot : Bibliothèque de l'Entre-Mondes (liste parue en 2005)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Fahrenheit 451 , 1966, François Truffaut
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition DENOËL, Présence du futur (2009)


     « Fahrenheit 451 », la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume....
     Fahrenheit 451 conte l'histoire de Montag, un pompier qui commence à douter du bien fondé de sa mission : brûler tous les livres. Sa rencontre avec une petite fille qui lui pose des questions « indiscrètes » remet soudain en cause certaines de ses idées reçues. Il en vient à s'interroger quant aux raisons qui poussent certaines personnes à mourir pour du papier. Bousculé par ses incertitudes, Montag ira jusqu'à voler un de ces ouvrages et le lire. Il deviendra par ce geste un hors-la-loi condamné à fuir.

     Ray Bradbury signe ici un des romans de dystopie (ou contre-utopie) les plus reconnus et considéré même comme un « classique » du genre, voire de la littérature dans son ensemble.
     Cependant, cette qualification de « classique » peut aussi desservir le livre. En effet le lecteur s'attend a priori à un chef d'œuvre de très haut niveau, novateur et incomparable. Or, dans cette optique, Fahrenheit 451 risque de décevoir un peu, notamment parce que son héros demeure peu attachant et que son sort nous laisse indifférent. Certes il reste une grande œuvre mais qui a vieilli : trop courte peut-être, d'une écriture trop lourde, trop descriptive... C'est là sûrement un problème commun à bon nombre de « classiques » comme 1984 d'Orwell ou Le meilleur des mondes d'Huxley.
     Néanmoins, dans les dystopies, l'intrigue importe moins que la description de l'univers créé, que l'étude des dérives possibles de notre monde à travers la peinture des vices d'une société conçue par l'auteur. Sur ces bases, la lecture de Fahrenheit 451 s'affirme très intéressante.
     Si Orwell nous faisait réfléchir sur les dérives d'une société dictatoriale, si Huxley préférait étudier la déshumanisation à travers la prédestination et le clonage, Bradbury quant à lui étudie, à travers l'accessibilité aux livres, l'importance de la culture elle-même et les conséquences de sa popularisation. Pour cela il imagine une civilisation qui apparait pauvre, triste, et même artificielle (notamment avec la « famille » : cette émission de télévision où grâce à un logiciel les acteurs prononcent le nom du spectateur pour donner l'impression à celui-ci qu'il entre dans l'histoire). L'une des interrogations suscitées par cette société concerne la popularisation de la Culture (avec un grand C). L'un des personnages explique que la vulgarisation pourrait être une hypocrisie, puisqu'elle sous-entend que les livres permettent un accès plein et total à la connaissance alors que cet accès est en réalité restreint par le niveau intellectuel du lecteur. La Culture « populaire », de moindre valeur, s'oppose ainsi à un savoir plus « intellectuel » et plus difficile à aborder. La Culture de masse est une illusion qui masque en fait une forme d'élitisme. Ce paradoxe apparent reste une des questions qui nous trotte dans la tête en fin de lecture.
     Fahrenheit 451 est donc un ouvrage fort dans la plus pure tradition de l'anticipation où dans la société créée par l'auteur on retrouve la nôtre. Un livre qui nous fait réfléchir même bien longtemps après en avoir tourné la dernière page.

     Cette édition se compose en outre de deux nouvelles, de dystopie là encore :
     La première, Le Terrain de jeux, pose la question de l'éducation des enfants à travers le regard d'un adulte. Pour la plupart d'entre nous, les souvenirs d'enfance demeurent des moments d'innocences et de joies, cependant, il faut le reconnaître, l'univers de nos chérubins n'est pas toujours marrant ni beau car ils peuvent être très durs entre eux. En caricaturant la brutalité des jeunes, Ray Bradbury aborde le thème de la violence des enfants comme passage obligé pour atteindre l'âge adulte. Pour cela, il crée un parc où les enfants se maltraitent véritablement, où la barbarie sert de système d'éducation et d'apprentissage. Le récit de ce père qui ne veut pas que son fils souffre comme lui a souffert, mais qui sait ce passage malheureusement inévitable, s'avère véritablement émouvant.
     La seconde nouvelle se nomme Mañana. L'auteur y imagine la destinée d'un couple d'occidentaux en vacances en Afrique au moment où tous les « Blancs » disparaissent. Bradbury interpelle le lecteur sur le thème de la domination des européens en Afrique et ses diverses conséquences : les ressentiments que peuvent avoir les africains (ou n'importe quelles personnes dominées) vont ressurgir et s'extérioriser vraiment au moment de la disparition des oppresseurs. Si le comportement des personnages apparaît peu crédible voire même surréaliste, l'histoire reste belle, profonde et poignante.

     Dans l'ensemble, le « classique » Fahrenheit 451 et les deux nouvelles qui l'accompagnent sont des œuvres dans la tradition de la dystopie, où l'auteur fait réfléchir sur notre monde à travers ses créations, où l'important ne réside pas dans l'intrigue mais dans le thème central et les questionnements qu'il suscite.

Gaëtan DRIESSEN
Première parution : 18/1/2009
nooSFere




 
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