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Le Roi des elfes

Philip K. DICK



Traduction révisée par Hélène COLLON
Illustration de Hervé LEBLAN

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 384
Dépôt légal : octobre 2010
322 pages, catégorie / prix : F8
ISBN : 978-2-07-039916-1   
Genre : Science-Fiction

Ce recueil est une réédition sous un nouveau titre du recueil "L'homme doré", amputé de la nouvelle "Quelle chance d'être un Blobel", déjà présente dans "Minority report".


Autres éditions

Sous le titre L'Homme doré   J'AI LU, 1982, 1982, 1991

    Quatrième de couverture    
     Rien n'avait préparé Shadrach Jones à voir arriver le roi des elfes et sa suite au grand complet dans sa station-service. Et pourtant, aussi incroyable que cela paraisse, il est bien là, devant lui, et plutôt mal en point.
     Les derniers mutants qui menacent encore la Terre sont traqués à mort. Mais Cris Johnson, cet homme intégralement doré et à la beauté divine, peut-il être un monstre ?
     Ernest Elwood est plutôt rêveur, ces derniers temps. Rien d'autre ne semble l'intéresser que la construction de son bateau, comme s'il était manipulé.

     En neuf nouvelles, Philip K. Dick montre une fois de plus toute l'étendue de son talent, qu'il aborde la science-fiction, le fantastique et même, sans douté pour la seule fois, la fantasy.

     Explorateur inlassable de mondes schizophrènes, désorganisés et équivoques, Philip K. Dick (1928-1982) n'a cessé d'écrire que la réalité n'est qu'une illusion. Nombre de ses œuvres ont été adaptées au cinéma (Minority Report, Paycheck, Blade Runner, Total Recall, Substance Mort).

    Sommaire    
1 - Le Constructeur (The Builder), pages 9 à 29, trad. Bruno MARTIN
2 - Le Roi des Elfes (The King of the Elves), pages 31 à 61, trad. France-Marie WATKINS
3 - La Dame aux biscuits (The Cookie Lady), pages 63 à 77, trad. Denise HERSANT
4 - L'Homme doré (The Golden Man), pages 79 à 131, trad. France-Marie WATKINS
5 - Si Benny Cemoli n'existait pas... (If There Were No Benny Cemoli), pages 133 à 170, trad. Michel DEUTSCH
6 - Projet Argyronète (Waterspider), pages 171 à 224, trad. Michel DEMUTH
7 - La Guerre contre les Fnouls (The War with the Fnools), pages 225 à 246, trad. France-Marie WATKINS
8 - La Sortie mène à l'intérieur (The Exit Door Leads In), pages 247 à 278, trad. France-Marie WATKINS
9 - Chaînes d'air, réseau d'éther (Chains of Air, Web of Aether), pages 279 à 315, trad. France-Marie WATKINS

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Next , 2007, Lee Tamahori (d'après le texte : L'Homme doré)
 
    Critiques    
     Avec Le Roi des Elfes, ne vous attendez pas à découvrir un matériel inédit : la parution initiale en France (hors revues) de ces nouvelles fut assurée par J’Ai Lu dans le recueil L’Homme Doré en 1982 (il manque toutefois à cette nouvelle édition Ah, Être un Gélate... déjà paru dans Minority Report, d’où le changement de titre). Leur dernière publication remonte à 2006, au sein du recueil grand format proposé par Denoël dans la collection Lunes d’Encre. C’est dans une version poche que Folio SF nous propose aujourd’hui ces neuf histoires de Philip K. Dick ayant pour point commun d’être toutes « un peu dingues », si vous me passez l’expression... mais on n’en attendait pas moins de sa part.

     Le Constructeur s’intéresse à Ernest Elwood, un homme obsédé par la construction d’un navire dans son garage. Basée sur un concept devenu cliché (mais qui ne l’était sans doute pas en 1953), on devine malheureusement la chute de la nouvelle dès ses premières lignes.
     Le Roi des Elfes est plus original, à tel point que l’on se demande où Dick est allé chercher une intrigue pareille... Dans cette sorte de conte moderne teinté de fantasy (seule incursion de l’auteur dans le genre), le propriétaire d’une station-service paumée se retrouve malgré lui monarque d’un peuple d’elfes venu demander son aide.
     Plus anecdotique, La Dame aux Biscuits évoque les contes de Grimm, avec l’histoire de cet enfant rendant régulièrement visite à une vieille dame énigmatique. Très court, et sans grand intérêt.
     L’Homme Doré est sans doute la plus intéressante nouvelle du recueil. Adaptée au cinéma en 2007 sous le titre Next, cette histoire préfigure les bases du comic-book X-Men créé dans les années soixante (L’Homme Doré datant de 1954). Des mutants dotés de pouvoirs inquiétants sont ici traqués par les autorités. L’un d’eux — un jeune homme au corps doré — résiste à toute tentative d’analyse, car il semble deviner le futur... Particulièrement originale, notamment dans la méthode utilisée par Dick pour décrire la façon de percevoir l’environnement propre à son mutant, cette nouvelle développe un sous-texte extrêmement intéressant, voire fascinant, car elle oppose des individus terrifiés par l’évolution de l’humanité, qu’ils cherchent à tout prix à éviter, à un spécimen perçu comme son avenir, un « homo superior » (le terme utilisé par Dick sera d’ailleurs repris par Jack Kirby et Stan Lee dans les X-Men).
     Si Benny Cemoli n’Existait Pas... se situe dans le contexte post-apocalyptique d’une Terre ravagée par une guerre nucléaire. Dix ans plus tard, les autorités intergalactiques chargées de reconstruire ses civilisations remettent en état les outils de communication afin de comprendre les raisons de sa destruction, en consultant les archives. C’est ainsi qu’ils « rebranchent » une infrastructure capable de capter et de diffuser en temps réel les dernières nouvelles du Times... et que les unes du quotidien commencent à annoncer d’énigmatiques soulèvements parmi les survivants. Sans en dire plus, on retrouve dans cette intrigue l’un de ces retournements de situation vertigineux coutumiers de l’auteur, qui vous poussent à remettre en perspective tout ce que vous venez de lire. Renversant.
     Avec Projet Argyronète, Dick s’essaye à l’humour en projetant un groupe de scientifiques du futur dans les années cinquante. Leur but ? Se rendre à une convention de science-fiction pour y trouver un « prescient », un être capable de voir l’avenir, indispensable pour les aider à ramener sain et sauf l’équipage d’un vaisseau spatial en mauvaise posture. L’effet comique réside dans l’identité de ces visionnaires qui s’ignorent... En plus d’être drôle, cette histoire invite le lecteur à une réflexion sur la nature même de la science-fiction, suivant le principe de mise en abyme souvent utilisé par Dick.
     Toujours sur le mode humoristique, La Guerre contre les Fnouls s’avère bien moins convaincant, pour ne pas dire raté. Il est ici question de l’invasion de la Terre par des êtres hauts d’un sixième de mètre, qui ne semblent pas comprendre pourquoi ils se font si facilement repérer... À la lecture, on ne saisit pas très bien où Dick souhaite en venir, et la chute tombe un peu à plat.
     La Sortie Mène à l’Intérieur évoque les méthodes de recrutement des services secrets, en jouant sur le thème de la manipulation mentale. L’intrigue est un peu laborieuse mais la chute astucieuse, comme toujours.
     La dernière nouvelle, Chaînes d’Air, Réseau d’Ether, fait un peu figure de cas à part dans l’œuvre de Dick. Pas de contexte pré ou post-apocalyptique, pas d’interrogation sur la nature de la réalité, pas de paranoïa, ni même de chute. Simplement, un homme et une femme vivant une existence solitaire dans des espèces de modules installés sur une planète inhospitalière, dont ils doivent assurer la maintenance, chacun reclus dans leur habitat. Elle est souffrante, atteinte d’une maladie incurable ; il croit la détester, mais accepte de lui rendre visite régulièrement. Cette histoire touchante, peut-être inspirée d’un épisode de la vie de l’auteur, se révèle étonnamment sentimentale.

     En conclusion, et sans surprise, ces nouvelles s’inscrivent dans la thématique paranoïaque chère à Philip K. Dick, à une époque où la menace d’une frappe nucléaire sur les USA relevait du probable. Ses mises en abyme et son art consommé de la chute restent intacts, plus d’un demi siècle plus tard. Voici l’occasion de (re)découvrir un auteur résolument fascinant, dont la portée de l’œuvre n’a pas fini de remuer les esprits.


Florent M. (lui écrire)
Première parution : 6/3/2011 nooSFere


 
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