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Les Pilotes de la Grande Porte

Frederik POHL

Titre original : Beyond the Blue Event Horizon, 1980

Cycle : La Grande porte  vol.

Traduction de Michel DEMUTH

CALMANN-LÉVY (Paris, France), coll. Dimensions SF n° (51)
Dépôt légal : février 1983
300 pages, catégorie / prix : 67 FF
ISBN : 2-7021-1211-0
Format : 14 x 21 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     La Grande Porte est un astéroïde artificiel construit par la civilisation supérieure des Heechees dans le voisinage de Vénus. Nul ne sait ce que sont devenus les Heechees, disparus depuis des siècles, mais qui guettent, peut-être, aux confins de l'univers...
     La Grande Porte est une sorte de parking galactique où les Heechees ont abandonné des centaines d'astronefs programmés pour se rendre en divers points de l'univers. Pour les premiers pilotes de la Grande Porte, les missions ressemblaient à une partie de roulette russe.
     L'un de ces pionniers, Robinette Broadhead, est devenu immensément riche au cours de la première partie de cette aventure, mais la femme qu'il aimait est restée éternellement prisonnière sous l'« horizon événementiel  » d'un trou noir de l'espace.
     Aujourd'hui, Broadhead finance de nouvelles expéditions. L'une d'elles va atteindre la gigantesque Usine Alimentaire bâtie par les Heechees, qui permettra de nourrir une Terre affamée.
     Les pilotes de la Grande Porte, suite mouvementée de La Grande Porte, est la chronique de cette expédition. Mais la mission Herter-Hall fera bien d'autres découvertes  : un naufragé de l'espace, la science des Hommes Morts, l'identité des Anciens. Robinette Broadhead lui-même devra repartir dans l'espace pour apprendre, peut-être, la vérité sur les Heechees...

     Né en 1919, Frederik Pohl est un personnage clé de la science-fiction américaine. Son œuvre est considérable. Il a également composé de nombreuses anthologies et travaillé en collaboration avec Jack Williamson, ou C. M. Kornbluth (pour le classique Planète à gogos). Il a par ailleurs longtemps dirigé quelques-unes des revues et collections spécialisées les plus prestigieuses. Son roman, La Grande Porte, (Calmann-Lévy) couronné en France par le Prix Apollo, a également remporté aux Etats-Unis les Prix Hugo et Nebula de science-fiction.

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : La Grande porte

 
    Critiques    
     Encore une suite ! Celle-là succède à La grande porte, chef-d'œuvre de Pohl et couvert de prix, qui décryptait, par la bouche de Robin Broadhead, la découverte et l'exploration de portes spatiales laissées ici ou là par des Anciens très clarkiens, les Heechee. La grande porte, qui se fermait au nez du lecteur par plus de mystères qu'elle n'en recelait au départ (avec notamment la disparition de la femme de Robin au sein d'un trou noir), tirait sa force de l'existence même de ces mystères trop grands pour l'homme (et aussi de la diabolique aisance brunnerienne de Pohl pour tracer un tableau mi-figue mi-raisin d'un proche futur en crise).
     La lecture des Pilotes... déçoit parce que la résolution (partielle) des interrogations se fait évidemment au détriment de la force du récit — mais aussi de sa cohérence. Vous souvenez-vous du Choc des mondes, de Balmer et Wylie ? L'intérêt du roman venait de la linéarité de l'intrigue — de l'annonce de la fin du monde à l'événement annoncé, le sort des survivants restant en suspension. Mais la suite, Après le choc des mondes, se banalisait en décrivant la vie de survivants dont on ne souciait plus, puisque précisément ils avaient survécu.
     Il se passe un peu le même phénomène avec Les pilotes de la grande porte, où l'intérêt se disperse en personnages et lignes de récit divergents (Robin, sur Terre, qui suppute, et divers équipages stellaires, qui croient rencontrer les Heechee, mais non, ce ne sont que des produits d'une ancienne expérience de ceux-ci, etc.). Pohl a probablement flairé instinctivement le piège, puisque les pages les mieux senties du livre sont consacrées au lent rétablissement de sa seconde femme, Essie, « reconstruite » après un grave accident : une incidente, pour le moins ! Reste naturellement le talent gouailleur et grave à la fois de l'auteur qui, outre les séquences notées ci-dessus, s'exprime notamment dans l'évocation des émois sexuels du jeune Wan. Mais, alors que L'homme-plus, La grande porte et même Jem étaient à chaque fois des surprises de taille, Les pilotes stagnent au niveau d'un produit bien fini mais qui manque de structure, et pour tout dire de nécessité... A tel point que les quelques pages terminales apportant des lumières sur l'existence et le sort des Heechee (et laissant la « porte » ouverte pour un éventuel troisième volume, d'autant que la pauvre Klara est toujours dans son trou noir...) tombent dans l'indifférence.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/2/1983 dans Fiction 337
Mise en ligne le : 5/5/2002


     Dommage que les suites soient à la mode... Ce livre portera la même étiquette qu'une Fondation foudroyée ou autre 2010 : « Prolongement artificiel à but nettement lucratif ». Dommage, vraiment. Car Pohl donne ici, peut-être, son livre le plus personnel. Tout ce que La Grande Porte avait de traditionnel (structure du récit, nature de l'intrigue, identité des personnages) demeure dans Les pilotes certes, mais s'y trouve emporté par un tourbillon d'une extrême puissance. Pohl se donne ici toute liberté, saute allègrement d'une ligne narrative à une autre, se permet de longs développements théoriques, et c'est tant mieux. Cela surprendra, certainement, là encore : tant mieux. Qu'un vieux routier de la SF se mette à écrire un livre aussi fou est plutôt bon signe, d'autant plus que le succès extraordinaire de La Grande Porte drainera vers Les pilotes une large audience, et qu'un grand nombre de lecteurs découvriront là l'exemple flamboyant d'une SF plus « difficile » mais également fondée sur une « intrigue » tout à fait abordable. J'aurais tendance à classer ce roman magistral au côté d'oeuvres décriées ou passées sous silence : le Zodiacal de Piers Anthony, Destination : vide de Frank Herbert, SIVA de Dick, Les contes de Neveryon de Delany, et d'autres, rares, comme Les Yeux Géants de Jeury — tous ces livres que l'on peut qualifier de « grands » car ils n'obéissent qu'à leurs nécessités internes et développent avec une extrême rigueur leurs postulats. Et peu importe s'ils déroutent, peu importe s'ils se vendent mal, peu importe même ce que l'on peut en dire ; le commentaire ou la critique sont, dans ces cas précis, presque inévitablement inadéquats. On parlera de romans ennuyeux, de structure bâclée, de longueurs... La nouveauté est à ce prix.
     Quoi qu'il en soit, Les pilotes de la Grande Porte me paraît l'aboutissement logique de la démarche suivie par Pohl depuis Jem. A force de secouer les idées toutes faites et de bousculer les habitudes, Pohl développe une technique de « boxe littéraire » extrêmement au point. Chacun en jugera...

Emmanuel JOUANNE
Première parution : 1/4/1983 dans Fiction 339
Mise en ligne le : 1/6/2006


 

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