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La Machine à explorer le temps

Herbert George WELLS

Titre original : The Time Machine, 1895
Première parution : Portsmouth, USA : William Heineman, 1895

Traduction de Henry D. DAVRAY
Illustration de Frédéric LE MARTELOT

GALLIMARD (Paris, France), coll. Folio SF n° 73
Dépôt légal : février 2016
176 pages, catégorie / prix : F6
ISBN : 978-2-07-078210-9
Format : 10,8 x 17,8 cm  
Genre : Science-Fiction

Numéroté jusqu'à la page 178, ce livre ne possède pas de pages 1 et 2...



    Quatrième de couverture    
     « Je vis des arbres croître et changer comme des bouffées de vapeur ; tantôt roux, tantôt verts ; ils croissaient, s’étendaient, se brisaient et disparaissaient. Je vis d'immenses édifices s’élever, vagues et splendides, et passer comme des rêves. Toute la surface de la terre semblait changée — ondoyant et s’évanouissant sous mes yeux. Les petites aiguilles, sur les cadrans qui enregistraient ma vitesse, couraient de plus en plus vite. Bientôt je remarquai que le cercle lumineux du soleil montait et descendait, d'un solstice à l’autre, en moins d'une minute, et que par conséquent j’allais à une vitesse de plus d'une année par minute ; et de minute en minute la neige blanche apparaissait sur le monde et s'évanouissait pour être suivie par la verdure brillante et courte du printemps. »

     Avec Jules Verne, Herbert George Wells (1866-1946) est considéré comme le père fondateur de la science-fiction contemporaine. Il a donné à ce genre littéraire nombre de ses thématiques et certains de ses plus immortels chefs-d'œuvre (La Machine à explorer le Temps, La guerre des mondes, L'île du docteur Moreau, L'Homme invisible).

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Denis Guiot & Jean-Pierre Andrevon & George W. Barlow : Le Monde de la science-fiction (liste parue en 1987)
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)
Association Infini : Infini (2 - liste secondaire) (liste parue en 1998)
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)
François Rouiller : 100 mots pour voyager en science-fiction (liste parue en 2006)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Time Machine (The) , 1949, Robert Barr (Téléfilm)
La Machine à explorer le temps , 1960, George Pal
Time Machine (The) , 1978, Henning Schellerup (Téléfilm)
Time Machine , 1992, Shekkar Kapur
La Machine à explorer le temps , 2002, Gore Vorbinsky & Simon Wells
Erotic Time Machine (The) , 2002, John Bacchus (Film érotique)
La Machine à explorer le temps , 2017 (BD)
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2001)


     Cet ouvrage est un classique surgi du XIXe siècle, puisqu'il a été publié en 1895. Et il demeure non seulement lisible mais passionnant à cause de l'entrecroisement des thèmes qu'il présente. Ces thèmes, la science-fiction va les exploiter et leur faire produire du neuf jusqu'à nos jours.
     Avant Wells, on avait déjà voyagé dans le futur : Louis Sébastien Mercier par exemple, qui écrit L'An 2440 en 1740, ou Edward Bellamy avec son Looking Backward (2000-1887) en 1888. Mais dans ces deux cas, il s'agit d'une sorte de voyage onirique, comme encore en 1890 avec News from Nowhere de William Morris. L'originalité de Wells est double, pour ce qui regarde le voyage. D'une part, il utilise une machine — qui ressemble furieusement à la bicyclette que l'on venait de mettre à la mode. D'autre part, il donne une explication pour justifier la possibilité théorique du voyage, ce qui ne sera plus nécessaire par la suite, les auteurs de SF considérant cette démonstration comme un acquis. Mais Wells ne s'en tient pas là. Ce voyage et ce voyageur doivent servir à illustrer une idée. D'où les souvenirs que le narrateur héros rapporte de son exploration du futur : des fleurs inconnues, des images de fin de monde semblables à celles de Camille Flammarion, et un portrait de la société anglaise du futur.
     Pour saisir l'originalité de ce portrait, il faut se souvenir que la théorie de l'évolution promue par Darwin ne date alors que d'à peu près quarante ans, et qu'elle est encore mal reçue. L'Homme, perçu jusqu'alors comme créature divine et image même de Dieu, en prend un coup. De plus, ces années-là voient l'émergence des idées socialistes et des syndicats ouvriers qui demandent de ne plus être considérés comme des bêtes : pensons en France à Germinal (1885).
     Le voyageur temporel va découvrir ce qu'est devenue dans le futur le résultat de la séparation des deux classes sociales de l'Angleterre de 1895. Comme elles se reproduisent par endogamie, elles deviennent deux races différentes. Les anciens possédants, inutiles et improductifs, ont évolué en d'adorables poupées infantiles : ce sont des végétariens qui vivent au soleil où les légumes et les fruits les nourrissent. La race des ouvriers s'est enfouie sous terre, d'où ils animent des machineries qui rendent possible l'existence des anciens maîtres dont fait partie Weena, gracieuse femme-enfant que le narrateur sauve de la noyade. Mais les ex-ouvriers, qui ne supportent plus la lumière du soleil ou celle du feu, devenus la race des Morlocks, ne dédaignent pas la chair fraîche et malheur aux hommes infantiles et aux femmes-fleurs qui ne se protégeraient pas pendant la nuit. Au centre du récit, la statue allégorique d'un sphinx, et un musée.
     Outre les qualités d'imagination qui aujourd'hui semblent naïves mais ont fait leur effet, on peut voir à l'œuvre, à la différence des livres de Jules Verne, une dimension nouvelle des textes d'anticipation de cette fin de siècle. Avec Wells, une vision critique du présent, une sorte d'avertissement peut se faire jour, sans didactisme, à base d'images choc. Après avoir conté ses aventures dans le futur, le voyageur disparaît lors d'un nouveau voyage vers le passé...
     Un ouvrage à lire ou à relire, tout comme La Guerre des mondes et L'Île du docteur Moreau, que les films ont en général massacrés.

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/12/2001
dans Galaxies 23
Mise en ligne le : 1/9/2003




 
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