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Chroniques martiennes

Ray BRADBURY

Titre original : The Martian Chronicles, 1950
Première parution : Doubleday, 1950

Traduction de Henri ROBILLOT
Illustration de Marie-Christine FOREST

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 1
Dépôt légal : mai 1995, Achevé d'imprimer : mai 1995
270 pages, catégorie / prix : 2
ISBN : 2-207-30001-3
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
Les Martiens de Bradbury ne sont pas très différents des Terriens. Mais ils sont télépathes... parfois sans le savoir. Ainsi, tandis qu'une fusée aborde sa planète, une Martienne se met à fredonner sur une musique inconnue des paroles qu'elle ne comprend pas : "Plaisir d'amour ne dure qu'un moment." Troublé par cette petite chanson obsédante, son mari accueille l'arme à la main la première expédition terrestre. Qu'adviendra-t-il des autres ? C'est avec ce livre que Ray Bradbury donna un ton nouveau à la science-fiction et en devint un des maîtres.
 
L'auteur
Ray Bradbury est né en 1920 à Waukegan. Publie son premier conte à l'âge de vingt ans et acquiert rapidement une réputation internationale grâce à la qualité de son écriture. Auteur de plusieurs scénarios pour le cinéma, dont celui de Moby Dick (John Huston), il a également adapté nombre de ses récits pour la scène (théatre, comédie musicale, opéra) et la télévision. Fahrenheit 451, son plus célèbre roman, a été porté à l'écran par François Truffaut.

    Sommaire    
1 - L'Été de la fusée (Rocket Summer), pages 7 à 8, trad. Henri ROBILLOT
2 - Ylla (Ylla / I'll Not Look for Wine), pages 9 à 25, trad. Henri ROBILLOT
3 - La Nuit d'été (The Summer Night / The Spring Night), pages 26 à 28, trad. Henri ROBILLOT
4 - Les Hommes de la Terre (The Earth Men), pages 29 à 49, trad. Henri ROBILLOT
5 - Le Contribuable (The Taxpayer), pages 50 à 51, trad. Henri ROBILLOT
6 - La Troisième expédition (The Third Expedition / Mars Is Heaven!), pages 52 à 74, trad. Henri ROBILLOT
7 - Et la lune toujours brillante (And the Moon Be Still as Bright), pages 75 à 107, trad. Henri ROBILLOT
8 - Les Pionniers (The Settlers), pages 108 à 109, trad. Henri ROBILLOT
9 - Le Matin vert (The Green Morning), pages 110 à 116, trad. Henri ROBILLOT
10 - Les Sauterelles (The Locusts), pages 117 à 117, trad. Henri ROBILLOT
11 - Rencontre nocturne (Night Meeting), pages 118 à 128, Extrait de nouvelle, trad. Henri ROBILLOT
12 - Le Rivage (The Shore), pages 129 à 130, trad. Henri ROBILLOT
13 - Intérim (Interim), pages 131 à 131, trad. Henri ROBILLOT
14 - Les Musiciens (The Musicians), pages 132 à 134, trad. Henri ROBILLOT
15 - A travers les airs (Way in the Middle of the Air), pages 135 à 152, trad. Henri ROBILLOT
16 - Nommer les noms (The Naming of Names), pages 153 à 154, trad. Henri ROBILLOT
17 - Usher II (Usher II), pages 155 à 175, trad. Henri ROBILLOT
18 - Les Vieillards (The Old Ones), pages 176 à 176, trad. Henri ROBILLOT
19 - Le Martien (The Martian), pages 177 à 193, trad. Henri ROBILLOT
20 - La Boutique de bagages (The Luggage Store), pages 194 à 195, trad. Henri ROBILLOT
21 - La Morte-saison (The Off Season), pages 196 à 211, trad. Henri ROBILLOT
22 - Les Spectateurs (The Watchers), pages 212 à 214, trad. Henri ROBILLOT
23 - Les Villes muettes (The Silent Towns), pages 215 à 228, trad. Henri ROBILLOT
24 - Les Longues années (The Long Years / Dwellers in Silence), pages 229 à 243, trad. Henri ROBILLOT
25 - Il viendra des pluies douces (There Will Come Soft Rains), pages 244 à 252, trad. Henri ROBILLOT
26 - Le Pique-nique d'un million d'années (The Million Year Picnic), pages 253 à 265, trad. Henri ROBILLOT

    Cité dans les pages thématiques suivantes :     

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Denoël : Catalogue analytique Denoël (liste)
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)
Jacques Sadoul : Anthologie de la littérature de science-fiction (liste parue en 1981)
Jean Gattegno : Que sais-je ? (liste parue en 1983)
Jacques Goimard & Claude Aziza : Encyclopédie de poche de la SF (liste parue en 1986)
Denis Guiot & Jean-Pierre Andrevon & George W. Barlow : Le Monde de la science-fiction (liste parue en 1987)
Albin Michel : La Bibliothèque idéale de SF (liste parue en 1988)
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)
Lorris Murail : Les Maîtres de la science-fiction (liste parue en 1993)
Stan Barets : Le Science-Fictionnaire - 2 (liste parue en 1994)
Denis Guiot, Stéphane Nicot & Alain Laurie : Dictionnaire de la science-fiction (liste parue en 1998)
Association Infini : Infini (1 - liste primaire) (liste parue en 1998)
Francis Valéry : Passeport pour les étoiles (liste parue en 2000) (pour la nouvelle&nbp;: Le Pique-nique d'un million d'années)
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Science-fiction (liste parue en 2002)
François Rouiller : 100 mots pour voyager en science-fiction (liste parue en 2006)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Suspense ( Saison 4 - Episode 23 : Summer Night ) , 1952, Robert Stevens & Robert Mulligan (d'après le texte : La Nuit d'été), (Episode Série TV)
Chroniques Martiennes , 1974, Renée Kammerscheit (Téléfilm)
Les Chroniques Martiennes , 1979, Michel Anderson (Série TV)
There Will Come Soft Rains , 1984 (d'après le texte : Il viendra des pluies douces), (Court Métrage Animation)
Ray Bradbury présente ( Saison 4 - Episode 05 : Usher II ) , 1990, Lee Tamahori (d'après le texte : Usher II), (Episode Série TV)
Ray Bradbury présente ( Saison 4 - Episode 01 : Le Paradis sur Mars ) , 1990, John Laing (d'après le texte : La Troisième expédition), (Episode Série TV)
Ray Bradbury présente ( Saison 4 - Episode 07 : Et la Lune brillera ) , 1990, Randy Bradshaw (d'après le texte : Et la lune toujours brillante), (Episode Série TV)
Ray Bradbury présente ( Saison 4 - Episode 11 : Les longues années ) , 1990, Paul Lynch (d'après le texte : Les Longues années), (Episode Série TV)
Ray Bradbury présente ( Saison 5 - Episode 08 : The Martian ) , 1992, Anne Wheeler (d'après le texte : Le Martien), (Episode Série TV)
Ray Bradbury présente ( Saison 5 - Episode 01 : The Earthmen ) , 1992, Graeme Campbell (d'après le texte : Les Hommes de la Terre), (Episode Série TV)
Ray Bradbury présente ( Saison 6 - Episode 09 : Silent Towns ) , 1992, Lee Tamahori (d'après le texte : Les Villes muettes), (Episode Série TV)
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD, Folio SF (2013)


Parmi les rares livres de science-fiction étudiés dans les établissements scolaires de France et de Navarre, Chroniques martiennes se taille la part du lion, aux côtés de 1984 et de quelques autres barjaveleries. Pour l’anecdote, le chroniqueur confesse avoir fait lui-même ses premières armes avec ce faux roman — on va y revenir — dont il garde par ailleurs un souvenir ému, ravivé ensuite par l’adaptation télé en trois parties de Michael Anderson (scénarisée par Richard Matheson, excusez du peu).

On le voit, difficile d’échapper au registre de la nostalgie, et ce d’autant plus que Chroniques martiennes a inauguré la collection « Présence du futur » des éditions Denoël, chère au cœur des plus chenus parmi nous. Réédité en France en 1997 dans sa version intégrale, dite du quarantième anniversaire, l’ouvrage a bénéficié à cette occasion d’une révision de sa traduction par Jacques Chambon. Un toilettage bienvenu ayant permis de corriger quelques fâcheuses coquilles.

Comme leur nom l’indique, ces chroniques se composent de vingt-huit courts récits indépendants, parus en magazines ou écrits pour leur édition en recueil. Ordonnées chronologiquement de manière à dessiner une histoire globale s’étendant de l’an 2030 à 2057, elles relatent l’arrivée et l’installation des premiers colons sur Mars. Les Terriens y côtoient les Martiens, dont la civilisation ne tarde pas à disparaître suite à une épidémie de varicelle. Un fait qui inspire les réflexions amères de Spender dans la nouvelle « Et la lune qui luit… ». Mais, la guerre sur Terre met un coup d’arrêt aux migrations, entraînant le reflux des pionniers, à l’exception d’une poignée d’entre eux, amenés à devenir les nouveaux Martiens.

A l’instar de Cordwainer Smith ou de Clifford D. Simak, la science et la technologie ne rentrent pas dans les préoccupations de Ray Bradbury. A vrai dire, l’auteur ne se soucie guère de vraisemblance, préférant la poésie, l’émotion et le plaisir de la métaphore aux ébouriffantes spéculations sciences-fictives. Il ne cache d’ailleurs pas son aversion pour la bureaucratie et le rationalisme, en particulier dans la nouvelle « Usher II », dont le propos anticipe celui de son roman Fahrenheit 451. Le voyage spatial et les autres thèmes inhérents au genre apparaissent en conséquence comme des sources d’émerveillement. Une magie moderne utile pour narrer des histoires simples de petites gens, à la Sherwood Anderson, dont le charme suranné et le ton facétieux sont censés réveiller l’ingénuité de l’enfance. Mêlant pseudoscience — la télépathie —, motifs traditionnels du folklore américain et paysages inspirés des visions de Percival Lowell, Ray Bradbury s’acquitte de son tribut à la Barsoom d’Edgar Rice Burroughs. Il s’en détache toutefois, adoptant le ton du moraliste. Au fil des textes, on ne peut en effet s’empêcher d’établir un parallèle entre la colonisation de Mars et celle de l’Ouest américain. Les Terriens, laborieux et attachés à leur liberté, semblent animés par la même ambition que les pionniers du XIXe siècle. Mars apparaît à leurs yeux comme un espace vierge qu’il convient de peupler et de mettre en valeur. Les natifs font évidemment les frais de cette invasion, victimes d’un génocide bactériologique bien involontaire. Ray Bradbury ne se fait cependant guère d’illusion sur ses compatriotes. A la différence des Martiens, les colons cherchent surtout à adapter le milieu aux usages importés de la Terre, recréant sur place une multitude de petites Amériques et façonnant la toponymie selon leurs caprices. Nouvelle terre promise, Mars accueille leurs espoirs de recommencement. Un monde où éteindre leurs craintes ; un monde dégagé de toute contrainte. Des espoirs vite déçus… Au lieu de se fondre dans l’environnement, ils l’exploitent de manière mercantile, mettant à mal les équilibres écologiques. Leur nature industrieuse, leurs emportements violents et le matérialisme dont ils font montre s’opposent au mode de vie contemplatif, spirituel et respectueux de la nature qui prévalait avant leur arrivée.

En cela, Chroniques martiennes, sous les apparences de la science-fiction, est un conte moral. Une utopie dont le dénouement se révèle au final optimiste, ou du moins beaucoup plus ouvert que ne le laisse présager son déroulement. Et sous la patine du classique, l’œuvre de Ray Bradbury ne perd rien de son charme et de son pouvoir d’évocation, à la différence de nombreux autres ouvrages de l’âge d’or. 

Laurent LELEU
Première parution : 1/10/2013
Bifrost 72
Mise en ligne le : 17/2/2019


 

Edition DENOËL, Présence du futur (1998)


     Depuis sa parution en 1950, le recueil Chroniques martiennes divise critiques et lecteurs, à l'intérieur et à l'extérieur du petit monde de la SF.

     Pour les purs et durs, Bradbury se moque de la vraisemblance (pseudo)-scientifique et écrit de l'anti-SF. De l'autre côté des barbelés, on s'interroge sur cet apatride magnifique rédigeant de la SF comme on écrit de la littérature : ça de la SF ! Allons donc : trop bien écrit pour « en être ». En définitive, les sectaires des deux camps s'accordent sur un point : Ray Bradbury n'est pas un écrivain de SF. Ce qui — bien entendu — ne change en rien la vie de ceux qui, trop occupés à déguster, n'ont pas le temps de lire les étiquettes !

     À deux années du cinquantenaire de cette œuvre fondatrice, un nouveau débat est lancé : les Chroniques martiennes ne seraient pas un recueil de nouvelles (comme chacun croyait le savoir) mais un roman.

     Qu'en penser ? Que répondre ?

     Rappeler que chaque pièce de ce recueil est une œuvre parfaitement autonome — écrite, publiée et lue en son temps comme telle ; ce qui ne contredit en rien l'évidence d'un projet global initial. Admettre que l'une s'enrichit par proximité avec les autres : bien sûr ! Que l'ensemble constitue désormais — mais pas systématiquement : des chroniques sont parfois reprises en anthologies, adaptées en BD ou en épisodes de séries TV — un tout cohérent dans son esthétique et sa thématique : autre évidence ! Penser que ce tout est supérieur à la somme de ses parts, pourquoi pas ?

     Mais rien dans ce qui précède n'autorise à qualifier de « roman » les Chroniques martiennes.

     Passer outre, c'est à mon sens nier la spécificité même de la SF : une littérature dont le vecteur idéal est la « forme courte ». Constat historique mais aussi « technique » — le genre s'est développé dans des périodiques.

     Certains auteurs souhaitant donner du souffle à leur œuvre (et la vendre deux fois...) ont inventé le « fix-up » : roman construit à partir de nouvelles autonomes mais exploitant un « fonds commun » (thématique, personnages, lieux) et suffisamment « ouvertes » pour être accrochées. Que l'on considère par exemple La Faune de l'espace de van Vogt comme un roman : oui. L'intégration des nouvelles originales a nécessité une réécriture partielle et un remaniement lourd. Mais décrire ces purs recueils de nouvelles que sont Demain les chiens, Fondation ou les Chroniques martiennes comme étant des « romans » : c'est à mon sens confondre feuilleton et série.

     Cette nouvelle édition des Chroniques Martiennes, on l'aura compris, est enrichie d'un copieux dossier à vocation pédagogique, réuni par Jacques Chambon. Si certaines de ses remarques et conclusions peuvent paraître contestables, son argumentation reste toujours très pointue, témoigne de son érudition et de la qualité de sa réflexion. Il s'agit là d'un travail éditorial remarquable et indispensable.

Francis VALÉRY
Première parution : 1/3/1998
dans Galaxies 8
Mise en ligne le : 13/4/2009




 
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